Hortefeux-Besson : mais où est la différence ?

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

M. Besson aurait pu faire entendre sa différence. Il semble s'inscrire dans la continuité. En visite dans le Nord, où la fermeture de Sangatte n'a évidemment pas fait disparaître les migrants mais rendu leur situation plus dramatique, le ministre a annoncé son intention de «rendre la frontière étanche». De fait, la police y pourchasse les migrants avec des hélicoptères et des chiens, les privant des pauvres moyens qui leur permettent de survivre tandis que les militants associatifs se voient poursuivis pour «délit de solidarité». Contre les filières, il prône la dénonciation des passeurs, semblant ignorer que c'est la multiplication des murs et des barrières qui crée les passeurs et que la hantise de l'appel d'air est un mythe : nulle politique menée ici n'influe vraiment sur les causes multiples qui poussent là-bas des migrants à s'arracher à leur vie.

Et pendant ce temps, les préfectures continuent leur chasse aux étrangers privés du droit au séjour, multiplient les décisions arbitraires au nom de l'immigration choisie, ignorent ouvertement les dispositions des conventions internationales. Cette logique politique est non seulement inhumaine mais dangereuse : elle habitue fonctionnaires et citoyens à l'injustice et au recul des droits, inocule le venin de la xénophobie. Mais notre société n'est plus celle des années 1930 et sécrète ses anticorps : la CGT, qui a lancé un vaste mouvement pour les droits des salariés sans papiers, progresse aux élections professionnelles, les collectifs RESF continuent à réagir face aux menaces d'expulsions. Bientôt, l'exigence d'un changement s'affirmera dans ce domaine comme dans d'autres !

Jean Michel Delarbre

Membre du comité central de la Ligue des Droits de l'Homme, militant du Réseau Education Sans Frontières

Source : Le Nouvel Observateur

 

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