Les salariés licenciés "abusivement" par Arena à Libourne (33) ont obtenu gain de cause

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

La décision est importante et hautement symbolique en ces temps difficiles, où les fermetures d'usines se multiplient. Ce 24 février, la cour d'appel de Bordeaux a confirmé la condamnation en première instance d'Arena à verser des indemnités supplémentaires aux salariés, qui contestaient la validité de leur licenciement économique, après le transfert de la production de leur site de Libourne en Chine.

La première décision du conseil des prud'hommes de Libourne, le 8 septembre dernier, avait fait grand bruit. Il avait condamné le célèbre fabricant de maillots de bain aux trois losanges à verser 50.000 euros de dommages et intérêts ainsi que 600 euros au titre des frais d'avocats à chacun des 96 salariés licenciés, principalement des femmes, pour "licenciement sans cause réelle et sérieuse", soit un total de 4,8 millions d'euros. Arena avait décidé de faire appel. En appel, la société n'a obtenu qu'une réduction de la somme à verser. "La cour a modulé les dommages-intérêts en fonction de l'âge et de l'ancienneté dans l'entreprise et de la situation personnelle", souligne l' avocat des salariés, Me François Ruffié. Au total, Arena devra verser près de 3 millions d'euros aux 92 salariés du site de Libourne, qui contestaient le motif économique de leurs licenciements, au lieu de 4,8 millions, en première instance. Les dédommagements vont de 15.000 euros à 59.000 euros.

"Un licenciement boursier a aussi un coût financier"

Le 16 décembre dernier lors de l'audience devant la cour, Me François Farmine, avocat d'Arena, avait tenté de démontrer que la marque était "forcée" de fermer son site par "manque de compétitivité"; il avait mis l'accent sur l'effort important de la société en faveur du plan de sauvegarde de l'emploi. "Les hommes politiques peuvent faire des grandes déclarations sur l'interdiction des licenciements, ne peuvent rien y faire. La leçon à retenir c'est qu'en l'état actuel du Code du travail, le licenciement boursier coûte cher et que si ça a un coût humain ça a aussi un coût financier", a conclu Me Ruffié. Cette décision, en tout cas, devrait donner de l'espoir et pourrait donner des idées à d'autres salariés licenciés, ou en cours de licenciement.

Source :http://www.aqui.fr/les-salaries-licencies-par-arena...

 

 

 

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