L'auteur d'un rapport met en cause Rachida Dati

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

 

L'auteur d'un rapport met en cause Mme Dati
L'auteur d'un rapport sur le suicide en prison a refusé jeudi de remettre son document à Rachida Dati

Le psychiatre Louis Albrand a décidé de boycotter la remise officielle de son rapport que lui avait commandé la garde des Sceaux à l'automne 2008.

Une façon de dénoncer à la fois l'inaction de la ministre Rachida Dati et d'attirer l'attention sur l'édulcoration de son rapport par les autorités afin que la surpopulation ne soit pas mise en cause.

"L'heure est à l'action dans les prisons et aucune des recommandations de mon pré-rapport n'ont été mises en oeuvre après trois mois", a déploré le Dr Albrand sur France Info.
"Ce rapport est modifié, ce n'est pas le rapport de la commission Albrand ", a-t-il ajouté. "C'est la politique qu'il faut changer, il faut que les politiques s'engagent. J'estime que ce n'est pas exactement mon rapport et qu'il faut agir".

115 suicides en prison ont été dénombrés en 2008, soit un taux de 17,2 pour 10.000 personnes écrouées contre 15,2 en 2007. Depuis le 1er janvier 2009, en l'absence de chiffres communiqués par l'Administration pénitentiaire, la CGT-pénitentiaire a recensé "au moins 30 suicides" et l'Observatoire international des prisons en a recensé 36.
Le rapport met en cause la surpopulation carcérale

Dans son rapport, le docteur Albrand estimait que la surpopulation carcérale - 62.700 détenus pour 51.000 places actuellement - était en cause car elle est "venue aggraver les conditions de détention et contrarier les mesures de prévention."

A la place de cette phrase, le texte final retient l'une des hypothèses avancées par l'administration pénitentiaire selon laquelle ce sont les medias qui sont à blâmer.

"Les difficultés et les angoisses de la société abondamment relatées par les medias trouvent un écho en détention. Expliquer les suicides uniquement par les conditions de détention 'inhumaines et dégradées' apparaît donc particulièrement réducteur", dit le rapport publié par le ministère.

"Très inquiet sur l'évolution de la situation dans les prisons", le psychiatre Louis Albrand a assuré qu'il ne laisserait pas "enterrer" son travail et "en appelle au prochain garde des Sceaux et au gouvernement pour s'attaquer sérieusement à l'humanisation des prisons".

Polémique "ridicule" selon le cabinet Dati

De son côté, le cabinet de la ministre de la Justice, Rachida Dati, a qualifié la polémique de "ridicule".  Louis Albrand  a validé la version finale de son rapport et certaines mesures sont déjà mises en oeuvre depuis plusieurs mois, assure Guillaume Didier, porte-parole de la ministre.

La version contestée du rapport Albrand avance une vingtaine de propositions, axées sur la formation des personnels pénitentiaires à la prévention, un meilleur accueil et une meilleure prise en compte des familles de détenus, ainsi qu'une amélioration des conditions de placement en quartier disciplinaire.

Mais le Dr Albrand a surtout déplu en demandant des moyens supplémentaires, "ce  qui n'est pas recevable pour le ministère", a commenté Céline Verzeletti, de la CGT, l'un des trois principaux syndicats pénitentiaires à avoir appelé mercredi  à un "blocage progressif" des prisons à partir du 4 mai pour dénoncer le "mépris  total" de la Chancellerie.

 

 

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