Les «retardataires» ne repasseront pas l'agrégation

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

SOPHIE ALBANESI

Le ministère de l'éducation a confirmé que les épreuves de l'agrégation du 2 avril ne seraient pas réorganisées. Les soixante candidats qui n'avaient pas pu y participer envisagent de lancer une action en justice.

Ils y croyaient, mais l'espoir a été de courte durée. La direction des affaires juridiques a confirmé hier la première version de Xavier Darcos, ministre de l'éducation: les épreuves de l'agrégation du 2 avril ne seront pas réorganisées. Les soixante candidats malheureux, inscrits dans 11 agrégations différentes, qui n'ont pas pu concourir au centre d'Arcueil (Val-de-Marne) à cause d'une panne électrique à la SNCF seront privés de concours.

La seule solution juridique possible selon le ministère de l'éducation serait «de faire recomposer l'ensemble des candidats de ces 11 disciplines, soit 7500 personnes à travers l'ensemble du territoire».Cette solution n'a pas été «retenue».

Hier, ces privés d'agreg ont appris la nouvelle par l'AFP. Si le cabinet de Xavier Darcos a insisté sur «la sympathie» du ministère à l'égard des candidats, ces derniers n'en sont pas convaincus. «Nous sommes scandalisés. Il y a un discours compassionnel du ministère devant les médias, alors qu'on n'a eu aucun contact avec eux et qu'on demande à être reçu depuis une semaine. Nous sommes traités de façon négligente sinon méprisante», explique Laurent Zimmermann, l'un des retardataires, et porte-parole du collectif qui les regroupe.

Jean-Michel Léost, président de la Société des agrégés, regrette lui aussi l'absence de communication : «D'une part, ça n'est pas très normal, ni très délicat que les intéressés apprennent la nouvelle par dépêche. Ensuite, je veux bien croire qu'il n'y ait aucune solution valide, mais il faut leur expliquer clairement».

Traiter les situations au cas par cas

Ce second choc à peine encaissé, le collectif veut réagir sur le plan juridique. «On va essayer de faire valoir nos droits, même si nos chances sont minces», indique le porte-parole. La soixantaine de candidats se réunira lundi pour décider de la suite des événements. «Il n'y a pas de juristes parmi nous, donc nous sommes en train de nous renseigner auprès de plusieurs avocats. Le ministère n'avait effectivement pas l'obligation réglementaire de repousser le début de l'épreuve, mais sur le plan moral et éthique c'est autre chose». Ils envisagent de faire des recours devant la justice française et éventuellement devant la Cour européenne des droits de l'homme.

Dans un communiqué de presse, la Société des agrégés de l'Université demande au ministère de «s'interroger sur le maintien du Centre d'Arcueil, desservi par des transports en commun peu fiables, pour l'organisation de tels concours».

Jean-Michel Léost, le président de la Société, estime qu'il faut désormais traiter les différentes situations au cas par cas. «Lorsque l'on aura les résultats, il faudra faire quelque chose pour les candidats qui approchent le seuil d'admissibilité avec seulement quatre épreuves. Ils auraient pu être admissibles voire admis». Il souhaite également qu'une solution soit envisagée pour ceux qui ont eu le CAPES l'an dernier et qui ont obtenu un report de stage cette année. «Il faudrait que ces candidats s'ils veulent repasser l'agrégation, obtiennent exceptionnellement un nouveau report de stage». Il attend aussi qu'un geste financier soit fait pour certains candidats. Il adressera une lettre officielle en début de semaine prochaine au ministère de l'éducation pour évoquer tous ces points.

 

SOURCE : http://www.liberation.fr

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