Partager l'article ! De Proglio à Clearstream: Sarkozy a-t-il un problème de "comportement"?: Ce matin, je lis que beaucoup de commentateurs s'interrogent sur l'app ...
Ce matin, je lis que beaucoup de commentateurs s'interrogent sur l'appel que le parquet de Paris, par la voix de son procureur, va interjeter suite au jugement du Tribunal correctionnel prononcé après le procès des protagonistes de l'affaire Clearstream.
Première remarque: pas un de ces commentateurs ne s'interroge sur l'identité réelle de l'initiateur de cet appel. Il est acquis que d'une façon ou d'une autre, cet initiateur n'est autre que le président de la République lui-même. En soi, c'est un élément intéressant. Et comme Villepin a porté spectaculairement l'accusation hier soir sur le plateau du Grand Journal, la cause paraît entendue.
Seconde remarque: la véritable interrogation des commentateurs relève de l'étonnement. S'il est acquis que l'actuel président, pour des raisons personnelles, est l'initiateur de cet appel, pourquoi se livrer à une opération qui relève de l'acharnement politique? Le risque est capital. Durant un an, Villepin va se livrer à une campagne violente, bruyante, et qui sera relayée comme jamais. Pensez-donc! Chirac-Balladur à la puissance 30, ça ne se refuse pas. Tout cela pourquoi? Pour subir vraisemblablement un nouveau « camouflet » à l'arrivée et constater des dégâts politiques encore plus graves que ceux de la semaine écoulée.
Pourquoi cet acharnement? Pourquoi cette violence? Pourquoi relancer une machine infernale qui ne peut qu'exploser à la face de son créateur?
La lecture du Canard Enchaîné de ce mercredi passé est de ce point de vue éclairante. Page 2, on y raconte une réunion à l'Élysée du comité de liaison de la majorité où personne n'ose évoquer l'affaire Proglio alors que la presse entière en fait des colonnes et des colonnes. Il y a là Bertrand, Morin, Copé et Gaudin, et aucun n'ose dire au président, lancé dans une péroraison solitaire de cinquante minutes que les Régionales, la Justice, tout ça c'est bien joli, mais que l'urgence du jour, c'est l'affaire Proglio qui est en train d'exploser au nez de tout le monde.
Page 2 toujours, un ministre anonyme explique que depuis 2007, la base militante de l'UMP a été déboussolée par le Fouquet's et le yacht, les vacances américaines, le voyage jordanien avec Carla, l'affaire de l'EPAD et pour finir l'affaire Proglio. Et ce ministre de conclure que ce « comportement ne passe pas ».
« Le comportement ».
On sait que beaucoup d'observateurs ou d'adversaires répugnent à attaquer le « sarkozysme » par cet aspect là. Pour ma modeste part, je pense, que de leur point de vue, ils ont tort. A la lueur des derniers développements de l'affaire Clearstream, de ces petites anecdotes de cour, de toutes ces petits choses qui chaque jour s'accumulent dans l'inconscient populaire, il est pourtant évident que ce climat de délétère, pesant, insupportable au quotidien risque de provoquer la chute de celui qui jour après jour l'entretient.
L'exercice du pouvoir n'est pas un « job ».
Dénué de culture historique, l'actuel président, contrairement à tous ces prédécesseurs, a cru pouvoir transformer
la présidence de la république en « entreprise » dirigée par un petit patron source de toute décision et de toute communication. Comment peut-on à se point dédaigner les leçons de
l'Histoire, le poids de la tradition monarchique, dont le président de la Ve République est l'héritier direct, sans risquer de se perdre?
Comment se fait-il que l'actuel président puisse ne pas voir combien son comportement est inadapté. Que ses manières, ses mœurs, sont à ce point si peu françaises (politiquement parlant s'entend) que cela le mène droit à sa perte?
Sous le Directoire, Talleyrand, ministre des Relations extérieures, l'homme qui pensait que dans les jeux de pouvoir
et de diplomatie, le " bon ton ", " les bonnes manières " permettaient " d'abord se trouver ensemble, et quelquefois arriver à des rapprochements utiles"; Talleyrand donc, avait fait parvenir à
ses agents une série d'instructions relatives à la bonne conduite des affaires de la France à l'étranger. Voici ce qu'il recommandait: " Gardez-vous surtout d'un défaut trop commun de nos jours,
je parle de cette énergie irascible et bruyante qui, dans un diplomate, ne sera jamais regardée comme une heureuse qualité. Mesurez toutes vos démarches et n'oubliez jamais que fougue n'est pas
force. "
Vendredi 13 février
Salon des intercommunales
Intervention de Gilles Savary sur "Intercommunales, entreprises publiques, quelle place en Europe" à Liège (Belgique)
Mardi 17 février
Bureau National : Siège du PS, rue de Solférino
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