Estrosi, ministre de l’Industrie : un accident industriel / La bourde sur Continental par Nathalie Gathié

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

par Nathalie Gathié dans Sine hebdo n° 75 du 10 Février 2010 

Le ministre de l’industrie veut sauver le site Continental de Clairoix, mort depuis six mois. Au moment où Xavier Mathieu et ses cinq  copains sont condamnés à de simples amendes, les salariés apprécieront la bourde

Du grand, du très grand Estrosi. Au petit jeu de celui qui gaffe, le plus loin que disputent à distance le ministre de l’industrie et l’impayable porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, le premier a marqué un point, lundi dernier dans les locaux de France 3 Picardie.

Dépêché dans l’Oise pour soutenir la sarko-candidate aux régionales, le Niçois avait manifestement oublié de réviser ses leçons avant de causer dans le poste. Interrogé sur le dernier Continental, le diplômé ès-moto-cross du gouvernement s’est salement embourbé.

« C’est une affaire qui est entre les mains du tribunal de commerce et bien évidemment, si nous avons les moyens de soutenir un repreneur qui est prêt à faire des efforts … » a-t-il balbutié sans achever son propos. C’est qu’à cet instant précis, ça devait pédaler sec dans la tête du champion autoproclamé de la réinsdustrialisation.

« Avec un mec comme ça aux manettes, y a pas longtemps avant que les dernières usines disparaissent » persifle Xavier Mathieu, figure des Conti, dont la niaque n’est pas émoussée par la conversion en amendes des condamnations avec sursis qui menaçaient les présumés auteurs du saccage de la sous-préfecture de Compiègne.

« C’est du pur délire cette prestation télé, poursuit-il. Le mec te parle du tribunal de commerce alors qu’un accord tripartite signé par le dircab’ de son prédécesseur a été conclu en Mai. Bref, le site de Clairoix est mort depuis six mois et l’autre, il fait comme si l’usine était encore sous le coup d’un plan social, il se dit ouvert à un repreneur quand tous les copains sont déjà licenciés et qu’un quart des machines a été déménagé ! »

Sur l’air de Prendre un prolo par la main, Estrosi n’a pas molli dans le n’importe quoi en assurant face caméra : « Les partenaires sociaux de Continental savent pertinemment que notre ministère est à leur écoute ». A croire qu’il y a de la friture sur la ligne parce que « depuis Juin, ce monsieur ne nous a jamais calculés », tacle Xavier Mathieu.

Gonflé pour gonflé, Christian Estrosi s’est ce même soir enorgueilli de son efficacité dans la saga Molex, a Villemur-sur-Tarn. « L’entendre se gargariser sur 283 emplois bousillés, ça fait plus que me déranger, ça me révulse », tonne Alexis Antoine, cégétiste tarnais.

Quant à l’usine Chaffoteaux et Maury215 licenciements, zéro repreneur et des machines rapatriées des Côtes d’Armor vers l’Italie -, elle est, dans l’ «estrosphère », la preuve de la compétence de l’Etat.

« Ces discours relèvent de la bavure morale, le gouvernement a été d’une impuissance crasse », s’agace Joël Vincent, du comité d’action de Chaffoteaux. Pour nous, qui avions en moyenne vingt ans d’ancienneté, ce sont des années de chômage qui s’annoncent. C’est écoeurant ».

Les caméras éteintes, c’est Christian Estrosi qui était écoeuré. Comme soudainement éclairé sur sa sortie de route cathodique, il s’en est pris aux journalistes, ces empêcheurs de communiquer en rond qui l’ont questionné sur Conti alors que le sujet média du jour, ma bonne dame, c’était le risque de fermeture de la raffinerie Total de Dunkerque. Là-dessus, il avait des billes. Et une promesse de « pérennisation des emplois » menacés à faire passer.

 

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