Où en serait la France, si Nicolas Sarkozy avait perdu?
Nicolas Sarkozy est à mi-mandat: il a achevé cette semaine la première moitié de sa présidence (s'il ne se représente pas ni n'est réélu en 2012). Où en serions-nous aujourd'hui, si le 6 mai 2007, c'était le visage de Ségolène Royal qui s'était affiché sur nos écrans? Où en serions-nous sur le plan «identitaire», économique, social, international... sportif? Aurions-nous plus de néologismes et moins de copiés-collés? Les chroniqueurs de Slate ont reconstitué le passé pour revisiter le présent.
Imaginer Ségolène Royale agir sur la spirale économique dans laquelle la mondialisation et autre globalisation nous ont engouffrés relève du fantasme pur. La crise économique, avec ou sans Ségolène, tout comme, avec ou sans Nicolas, fait ses ravages sans se soucier de la couleur politique de la présidence de la République française.
Mais, bon, imaginons Ségolène au pouvoir depuis trois ans. Au niveau de la «redistribution», il n’y aurait certes pas eu ce bouclier fiscal qui a transformé la France en un paradis fiscal pour personnes fortunées. Contrairement à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royale avait prévu toute une série de nouvelles aides avec en particulier une hausse du SMIC à 1500 euros (contre 1337,73 euros aujourd’hui), une augmentation des petites retraites, une limitation du coût du logement pour les ménages modestes, sans oublier le «pacte présidentiel du travail pour tous» qui prévoyait qu'aucun jeune ne puisse rester au chômage au delà de 6 mois sans qu'on lui propose une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunéré. Cela devait se traduire notamment par l'ouverture de 500.000 emplois tremplins.
Construit avec un scénario de croissance à 2,5% par an, ce généreux programme se finançait apparemment seul, en tout cas sans augmentation de l’impôt. Cela dit, espérer un taux de croissance aussi élevé relevait de la pure illusion. Les chiffres aujourd’hui on les connaît: avec le marasme financier qui a fait basculer l’économie mondiale, la croissance en France a sombré dans le rouge depuis le début de cette année, on devrait à peine pouvoir sortir la tête de l’eau d’ici la fin de l’année prochaine. Le tout avec un taux de chômage qui atteint désormais les 10%. On n’ose imaginer le prix des mesures de Ségolène Royal sur les finances publiques si elles avaient été appliquées dès l’été 2007 au moment même où l’ensemble de l’activité mondiale vacillait…. Car on le sait maintenant, les aides à l’emploi n’ont jamais créé le moindre point de croissance supplémentaire, elles ont davantage creusé nos déficits.
Cela dit, les baisses d’impôts et charges sur les entreprises n’ont pas créé non plus la dynamique attendue sur l’activité économique du pays, comme l’avait annoncé notre Président. Ainsi au niveau économique, sans aucun doute, Ségolène Royal est comme les autres. On se rappelle de François Mitterrand avouant sans gène son manque d’intérêt pour l’économie, et Nicolas Sarkozy, à son arrivée à Bercy, réclamant d’urgence des fiches techniques sur les rudiments économiques. Ségolène Royal aurait sûrement continué dans cette pure tradition française d’ignorance des réalités économiques.
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Raymond Domenech n'aurait pas été un meilleur sélectionneur,
Yannick Noah serait toujours le dernier vainqueur français d'un tournoi du Grand Chelem,
Les moyens alloués au sport français seraient toujours aussi minces,
Le dopage n'aurait pas été davantage éradiqué,
Les supporters du PSG et de l'OM ne seraient pas moins stupides,
Diego Maradona aurait quand même dit des grossièretés,
Le Grand Prix de France de Formule n'aurait toujours aucun avenir,
Laure Manaudou aurait quand même pris sa retraite,
Louis Nicollin serait toujours en liberté,
Therry Rolland officierait encore sur M6,
Tiger Woods ne gagnerait pas moins d'argent,
Le calendrier des Dieux du Stade perdurerait,
On n'aurait pas de meilleurs matches en Ligue 1,
Le Tour de France se terminerait une fois de plus sur les Champs-Elysées,
Michel Platini serait toujours aussi réfractaire à l'arbitrage vidéo...
Et à titre personnel, j'aurais toujours un aussi mauvais revers.
A venir dans les prochaines jours «Et si ça avait été elle», par d'autres chroniqueurs
Source : http://www.slate.fr
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