FRAC: "S. Royal n'est nullement concernée par cette affaire"

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc



Le licenciement de l'ancien directeur du FRAC aurait fait l'objet de négociations secrètes avec la présidente de la Région. Faux, témoigne Paul Fromonteil.
Le FRAC a pour vocation de diffuser les oeuvres et de faire apprécier la création contemporaine.
(Photo Dominique Bordier)

Mise en cause par un quotidien régional (Sud-Ouest Dimanche) pour avoir négocié secrètement une transaction avec Olivier Chupin, l'ancien directeur du FRAC (Fonds régional d'art contemporain), Ségolène Royal, membre de droit de cette association et présidente du conseil régional de Poitou-Charentes laisse Paul Fromonteil, président du conseil d'administration (CA), monter au créneau pour répondre sur cette polémique qui, selon ce dernier, «n'en est pas une»: «Ségolène Royal n'est nullement concernée à aucun moment dans cette affaire qui a été menée par le CA, le président du CA et la DRAC en respectant tous les usages habituels dans ce type de situation», explique le président du FRAC. Et d'assurer que la présidente du conseil régional «n'a jamais mis les pieds au FRAC depuisqu'il occupe cette fonction, c'est-à-dire 2006, comme le préfet, également membre de droit».

L'audit social a confirmé les graves problèmes

De quoi s'agit-il? Olivier Chupin, directeur du FRAC n'a pas de bonnes relations avec Ségolène Royal. Il porte plainte contre elle pour harcèlement moral. De surcroît, il est au centre d'un conflit avec le personnel, un conflit «fort, violent», raconte Paul Fromonteil qui découvre, par ailleurs, la disparition d'une oeuvre, «sept ans après» le vol,lors d'un inventaire. «Nous avions la facture et pas l'objet.» Le Frac porte plainte pour vol et recel de vol.
Afin d'avoir une idée précise de l'ambiance au sein du FRAC, l'association demande à un médiateur d'effectuer un audit social qui confirme les «graves problèmes» rencontrés par la direction. Le président du FRAC, qui rapporte les conclusions de l'audit, parle de «climat détestable», de «tensions entre le directeur et ses subordonnés». La situation nécessite des mesures qui conduisent le conseil d'administration à prononcer, le 12décembre 2006, «une mise à pied à titre conservatoire» de son directeur. Le 9janvier 2007, le CA du FRAC licencie Olivier Chupin pour «faute grave». Le 14octobre 2008, le même conseil d'administration constate que le conseil des prud'hommes a jugé le licenciement de M.Chupin «fondé sur une cause réelle et sérieuse». Cela signifie qu'Olivier Chupin bénéficiera «d'une porte de sortie humaine avec des indemnités», précise Paul Fromonteil. Et le président d'expliquer que le CA est d'accord pour négocier: «Il n'y a eu aucun accord secret, confirme-t-il, sauf que ce genre de négociation se passe entre avocats et qu'il y a une clause de confidentialité, c'est le respect de la personne.» Le FRAC valide la transaction ? qui s'est traitée entre les hommes de loi ? de 115.000euros, en considérant que «c'était une solution humaine», commente Paul Fromonteil. Et d'ajouter: «On peut s'étonner sur la ou les personnes qui ont fait sortir l'information mais nous, nous nous sommes comportés le plus humainement possible.»

Joint au téléphone, Olivier Chupin n'a pas souhaité répondre à nos questions: «Je n'ai aucun commentaire à faire.»

Didier MONTEIL

Publié dans Ségolène Royal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article