Julien Dray: "L'erreur de l'UMP, c'est d'avoir joué le carré d'as des ministres en Ile-de-France"

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Julien Dray, tête de liste du PS pour les régionales en Essonne, a décidé de mener une campagne originale. Le samedi 6 février, celui qui est aussi vice-président de la région Ile-de-France a annoncé qu'il voulait "créer le buzz" en filmant sa campagne et en la diffusant "en direct ou en léger différé" sur le Net, via son site de campagne (www.unebonneequipepourlessonne.fr/).

Du coup, comme l'a constaté Le Monde.fr, "depuis la mi-février, Julien Dray parcourt l'Essonne trois jours par semaine dans un autocar "Huchon 2010" aux ailes rose fluo, rempli de militants et d'une bonne partie de la liste PS du 91".

Comment se passe sa e-campagne? Quel regard porte-t-il sur la campagne de l'UMP dans la région? Où se situe-t-il au PS?

Sur Le Post, Julien Dray pointe les faiblesses de la campagne de l'UMP en Ile-de-France, évoque son face-à-face avec NKM en Essonne, sa e-campagne, son rapport à Solférino... Entretien.

Julien Dray, le 9/11/2008.
Julien Dray, le 9/11/2008.

Nicolas Sarkozy a invité Valérie Pécresse à l'Elysée, ce mardi matin. Comment interprêtez-vous cette "convocation" de la tête de liste UMP en Ile-de-France?
"Deux choses m'ont surpris dans la campagne de l'UMP en Ile-de-France: ils n'ont pas trouvé les angles d'attaque pertinents et ont été très brouillons. Progressivement, des divisions profondes sont apparues... Du coup, leur campagne patine, avec une très faible mobilisation de leur parti et des dissidences, notamment avec Karoutchi ou Raoult."

"L'erreur qu'ils ont commise à mon sens, c'est d'avoir joué le carré d'as des ministres [Valérie Pécresse, Rama Yade, Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet sont candidates en Ile-de-France, ndlr], alors que les régionales, c'est une campagne de terrain, de proximité. Il faut être en prise avec la population, alors que les ministres, eux, sont trop occupés pour aller à la rencontre des gens... Pour que ces quatre femmes s'entendent, il aurait fallu qu'il y ait un chef et une direction à suivre."

D'après les participants à cette réunion, Nicolas Sarkozy aurait réaffirmé son soutien à Valérie Pécresse...
"Cela me donne envie de citer ce proverbe: 'Nous sommes au bord du gouffre et nous allons faire un grand pas en avant...'"

"Il y a un paradoxe dans cette campagne: je pensais vraiment que l'on allait débattre du Grand Paris. Mais l'UMP n'a pas réussi à mettre cette idée sur la table car ils veulent un Grand Paris d'élite, alors qu'il faudrait un Grand Paris populaire."

L'affaire Ali Soumaré a-t-elle définitivement ôté à l'UMP toute chance de l'emporter en Ile-de-France?
"L'affaire était déjà pliée avant. Quand ça part dans tous les sens, la pagaille devient exponentielle... Ils ont lancé ça dans l'urgence en croyant qu'ils avaient un bon coup mais au final, cela s'est retourné contre eux."

Vous avez annoncé vouloir créer "le buzz" en filmant votre campagne. Finalement, on en a très peu parlé dans les médias. Alors, est-ce un buzz raté?
"C'était une formule... Moi, je suis très content de cette campagne et mes colistiers aussi. L'ambiance a été superbe. L'accueil remarquable... Pour moi, c'est un buzz réussi."

 Europe1.fr a noté votre campagne sur le Net. Vous obtenez la note de 14/20...
"Je ne savais pas et suis agréablement surpris."

À l'avenir, comptez-vous encore faire campagne sur le Web?
"Bien sûr. Justement, pour moi, c'est l'avenir ce type de campagne. J'y apprends plein de choses. Comme j'ai très peu de moyens pour faire une campagne traditionnelle (tracts, porte-à-porte...), je me sers du Web, qui démultiplie une campagne traditionnelle. Mais surtout, il ne faut pas opposer la campagne traditionnelle à celle du Web. Les deux sont complémentaires."

"D'ailleurs, je compte créer une association pour prolonger ce mouvement. L'idée serait d'élargir l'opération à toute la France, en dehors de la période électorale pour faire remonter les problèmes."

Et comment se passe la campagne avec Nathalie Kosciusko-Morizet, qui est votre rivale puisqu'elle est tête de liste de l'UMP dans l'Essonne?
"Elle mène une campagne très discrète. Comme nous dialoguons, nous ne menons pas une campagne violente. Ce n'est pas chez nous qu'il y aurait une affaire Soumaré! D'ailleurs, si elle veut faire un débat sur le Grand Paris entre les deux tours, j'y suis favorable."

Pourquoi les électeurs de l'Essonne voteraient plus pour votre liste que pour celle de NKM?
"Car nous, nous avons mené une campagne respectueuse en faisant un vrai travail de proximité. C'est ça qui est intéressant dans notre e-campagne: le dialogue démocratique et participatif que nous avons créé pour identifier les problèmes de nos concitoyens et les résoudre."

Quels sont les thèmes, qui intéressent le plus les électeurs?
"Les services publics. En Essonne, les gens me parlent davantage des difficultés en matière de santé, pour l'accès aux soins aux urgences notamment, que des transports."

Et concernant le PS, où en êtes-vous?
"Je suis complètement indépendant. Pour l'instant, je reviens aux fondamentaux, en produisant. Je verrai bien plus tard pour le PS. En tout cas, je préfère qu'on vienne me chercher plutôt que d'aller chercher..."

(Sources: Le Post, Nouvelobs.com, lemonde.fr, europe1.fr)

Publié dans Le blog de Julien Dray

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