Mort à 86 ans du Nobel de physique Georges Charpak

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Georges Charpak, lauréat du prix Nobel de physique en 1992, est mort mercredi à l'âge de 86 ans, annonce sa famille dans le carnet du quotidien Le Figaro de jeudi.

D'abord spécialiste de physique nucléaire, Georges Charpak s'était rapidement consacré à la physique des particules et avait reçu la plus prestigieuse des distinctions pour l'invention et le développement de détecteurs de particules.

Ses travaux ont notamment permis de faire progresser les techniques de radiographie, la médecine et la biologie.

Entré au CNRS en 1948, il rejoint dix ans plus tard le centre européen de recherche nucléaire (Cern) et s'y concentre sur les "excitants" problèmes posés par ces appareils.

"J'ai travaillé 15 jours et j'ai vu tout de suite que j'avais la réponse (...) Cette technique a envahi toutes les expériences, et c'est pour ça qu'on m'a donné le prix Nobel. J'en ai fait beaucoup d'autres, beaucoup plus amusantes, beaucoup plus sophistiquées, mais qui n'avaient pas les mêmes applications", expliquait-il à la télévision après l'attribution du prix.

La physique française connaît alors une période faste puisqu'un auparavant, Pierre Gilles de Gennes avait reçu le Nobel. Georges Charpak disait n'y voir qu'une "anomalie statistique", mais peut-être aussi le fruit d'une approche ludique et passionnée commune aux deux hommes.

"Dans les deux cas, je crois que nous faisons de la physique en nous amusant", affirmait-il alors.

Désireux de partager cette passion et de vulgariser la science, ce professeur émérite s'était fait connaître du grand public grâce à plusieurs ouvrages visant à rendre son domaine accessible au plus grand nombre.

Il avait, dans ce même esprit, coprésidé au lancement en 1995 du programme "la main à la pâte", destiné à repenser l'enseignement des sciences à l'école primaire.

Membre de l'Académie des sciences, cet ancien résistant, né le 1er août en 1924 à Dabrovica, localité aujourd'hui située en Ukraine, avait été déporté en 1943 au camp de concentration nazi de Dachau.

Lauréat de nombreuses distinctions françaises et internationales, dont le Nobel, Georges Charpak avait été fait officier de la légion d'honneur.

Le président Nicolas Sarkozy salue jeudi "l'homme engagé, le résistant, le combattant infatigable du savoir et du progrès".

"La France rend hommage à ce grand humaniste dont la vie et l'engagement sont un exemple pour le pays et pour sa jeunesse. La France est fière d'avoir accueilli Georges Charpak enfant et de l'avoir vu faire carrière au sein de ses plus prestigieuses institutions. Il nous laissera l'image flamboyante de la passion mise au service de la recherche, au service du savoir", dit-il dans un communiqué.

Grégory Blachier

Publié dans Actualités

Commenter cet article