Roms : l'Union européenne peut et doit poursuivre la France Par Pascal Riché

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

La vaste opération de démantèlement des campements de Roms, justifiée par des chiffres de la délinquance fantaisistes, s'est appuyée sur une circulaire illégale. La circulaire du 5 août 2010, signée par le directeur de cabinet de Brice Hortefeux, ordonne l'évacuation de 300 campements ou implantations illicites d'ici trois mois, « en priorité ceux des Roms ».

Ces cinq mots, « en priorité ceux des Roms », viennent démentir de façon cinglante les propos d'Eric Besson, ministre de l'Immigration, qui avait juré, à plusieurs reprises, la main sur le cœur, que les Roms n'avaient pas été « ciblés » et qu'il ne s'agissait pas d'expulsions « collectives ». (Voir la vidéo)


Besson a mis « quiconque au défi d'apporter le moindre élément qui donne à penser que la France ne respecte pas le droit communautaire ». Cette circulaire a répondu au défi.

La France est en contradiction non seulement avec ses propres principes, mais aussi avec le droit français (relire l'article 225 du code pénal) et européen.

Les eurodéputés s'en sont émus, mais si l'on veut qu'une telle stigmatisation à grande échelle ne se reproduise plus sur le Vieux Continent, l'infraction du gouvernement français doit être constatée et sanctionnée. La Commission européenne peut et doit engager des poursuites.

Dans cette triste affaire, ce n'est pas seulement l'image de la France qui est en jeu, c'est aussi celle de l'Union européenne.

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