Sarkozy ne fait (presque) pas campagne aux régionales - Par Julien Martin

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Par Julien Martin | Rue89

Aux dires de Sarkozy, ce n'est pas « le rôle du Président ». Dans les faits, il s'affiche aux côtés des candidats UMP.

La réponse du chef de l'Etat avait pourtant été aussi limpide que la question de la présentatrice du JT de 20 heures, le 26 janvier sur TF1. « Est-ce que vous allez vous impliquer dans cette campagne ? », interrogeait Laurence Ferrari. Nicolas Sarkozy rétorquait :

« Non ! Le rôle du président de la République n'est pas de faire campagne pour les présidents de région. » (Voir la vidéo à la 17e minute)

La « nationalisation » des régionales qui se dessinait lors de son intervention devant le conseil national de l'UMP, le 28 novembre, pouvait donc apparaître comme une option abandonnée. Cela aurait été mal connaître Nicolas Sarkozy. L'omniprésident préfère se contredire que de laisser les autres agir à sa place.

Quatre petits jours après l'interview sur la première chaîne, lors du conseil national de l'UMP, la composition des listes est officialisée sous les sifflets de nombreux militants. Le président de la commission des investitures, Jean-Claude Gaudin, la justifie par le desiderata du… chef de l'Etat :

« C'est le prix à payer pour l'union dès le premier tour, voulue par Nicolas Sarkozy, pour créer une dynamique pour le second tour. »

Les réformes à fort potentiel polémique sont aussi repoussées à l'après-régionales. Il y avait déjà la création de la taxe carbone et la réforme territoriale, il faut y ajouter l'interdiction de la burqa et la réforme des retraites. Et que dire de l'enterrement de première classe du débat sur l'identité nationale…

Le plus flagrant reste cependant le propre agenda de Nicolas Sarkozy. Depuis le début du mois de février, le chef de l'Etat prend un soin tout particulier à se déplacer et à s'afficher aux côtés des candidats de la majorité.

En Corse, le 2 février

Le chef de l'Etat part débattre du « thème du développement durable » sur l'île de Beauté, où l'UMP est alors à peine derrière la gauche dans les sondages. Au premier plan sur la photo lors de la visite de la visite du village Carbuccia, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Camille de Rocca Serra, président de l'Assemblée de Corse et candidat de la majorité.

Sarkozy, Borloo et Rocca Serra le 2 février en Corse (Philippe Wojazer/Reuters)

Dans le Centre, le 9 février

C'est cette fois dans la région de son secrétaire d'Etat au Commerce que le président de la République va réfléchir à « l'avenir des territoires ruraux ». Par chance, Hervé Novelli est aussi la tête de liste de l'UMP dans cette région que la majorité rêve ouvertement de remporter. Et se trouve juste derrière Nicolas Sarkozy quand il prend un café.

Sarkozy et Novelli le 9 février à Souday (Eric Feferberg/Reuters)

En Guyane, le 18 février

Etre maire de Cayenne depuis moins de deux ans n'empêche pas Rodolphe Alexandre de reléguer les membres du gouvernement au second plan quand Nicolas Sarkozy vient en visite en Guyane. Exit les Marie-Luce Penchard et autres Rama Yade, il montre même la voie au chef de l'Etat. Rien à voir, bien sûr, avec le fait qu'il soit également le candidat de la majorité présidentielle.

Alexandre et Sarkozy le 18 février à Cayenne (Eric Feferberg/Reuters)

Valérie Pécresse reçue mardi à l'Elysée

On attend maintenant de voir qui sera aux côtés de Nicolas Sarkozy mardi en Picardie ou jeudi pour son déplacement « en province sur le thème des Etats généraux de l'industrie », dont la destination exacte est pour l'heure gardée sous le sceau du secret par l'Elysée.

Pour l'Ile-de-France en revanche, le chef de l'Etat ne s'embarrasse pas de tant de précautions. Ce lundi est parue dans la revue « L'Architecture d'aujourd'hui » une interview de Nicolas Sarkozy sur le Grand Paris. Et mardi, le président de la République recevra tout simplement à l'Elysée la candidate régionale Valérie Pécresse et toutes les têtes de liste départementales de la majorité.

Difficile justement de donner tort à l'une de ces têtes de liste départementales, l'UMP Axel Poniatowski qui concourt dans le Val-d'Oise. Fraîchement désigné secrétaire général adjoint de l'UMP, il déclarait à Rue89 déjà le 24 janvier 2008, à l'occasion d'un autre conseil national de l'UMP :

« Celui qui fait office de président de l'UMP, c'est le président de la République. […] Dans tous les cas, toutes les décisions importantes se prennent à l'Elysée. Je ne peux pas être plus précis. » (Voir la vidéo)


Photos : Sarkozy, Borloo et Rocca Serra le 2 février en Corse (Philippe Wojazer/Reuters) ; Sarkozy et Novelli le 9 février à Souday (Eric Feferberg/Reuters) ; Alexandre et Sarkozy le 18 février à Cayenne (Eric Feferberg/Reuters)

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