Ségolène Royal et Edgar Morin : politique et philosophie, duo gagnant Par RichardTrois

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Ségolène Royal et Edgar Morin


Coût indécent du logement, rapacité de la finance et des banques, management par le stress et la peur, exploitation des migrations de la misère, etc...

Toute notre actualité démontre l'urgence nécéssité de changer et de passer à une politique de civilisation telle que la définit le philosophe et sociologue Edgar Morin.
Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs bien essayé de donner le change en 2008 en reprenant cette expression du philosophe dans ses voeux aux français. Cela n'avait duré que le temps d'un discours.
Pour Ségolène Royal, la relation au travail de l'ancien résistant et au penseur reconnu dans le monde entier est au contraire une continuité, un travail au long cours.

Ségolène Royal a ouvert hier lundi aux côtés d’Edgar  Morin, l’Université Internationale d’été de Poitiers sur le thème de "changer la vie", qui rassemble des chercheurs venus des cinq continents.

Dans son discours d’ouverture, Ségolène Royal a souligné la nécessité de "changer de voie" dans le contexte de crise économique actuelle et de toute puissance des marchés. Ségolène Royal a mis en valeur ce laboratoire régional de la Région Poitou-charentes qui expérimente dans plusieurs domaines la politique de civilisation telle qu’Edgar Morin la définit.

C'est ce qu'elle explique dans ce reportage de France 3 dont j'ai repris cette expression de "tandem atypique" :

 


 

Au cours de ce discours d’ouverture, Ségolène Royal explique les difficultés et les résistances qu'il faut vaincre pour "changer de voie" :

"Changer de voie c’est un combat politique de chaque instant, car nous sommes confrontés à de fortes résistances, celles du pouvoir financier, celles de ceux qui veulent que rien ne change, de ceux qui mettent des freins à l’innovation sociale, de ceux qui ne veulent pas que le peuple ait droit à la parole. C’est pourquoi la confrontation des expériences qui marchent et des valeurs qui les animent sont si importantes, car jamais le contexte politique et social n’a été aussi tendu, par rapport à  l’espérance  qu’un autre modèle est possible."

 

 


Petit scoop, un débat entre Ségolène Royal et Eva Joly, invitée elle-aussi de cette première journée et arbitré par Edgar Morin s'est tenu lors cette inauguration de l'université. Un débat qui préfigure, peut être, celui des présidentielles...

Au cours du débat qui a eu lieu hier soir, Eva Joly évoque le thème, cher aux écologistes les plus dûrs, de la décroissance. Reprenant le micro, Ségolène Royal a alors pris ses distances avec cette question de la décroissance :
"Appeler à l'arrêt de la croissance ou à la décroissance, je ne m'en sens pas le droit au regard de ceux qui dans les pays pauvres attendent de la croissance pour vivre mieux et ceux qui dans nos pays sont en dessous du seuil de pauvreté, il y a 2 millions d'enfants qui vivent dans la pauvreté et la misère en France et 20% des jeunes de moins de 25 ans.
La question est juste comment envisagé la croissance dans un monde limité mais elle ne peut pas se poser tant que l'on a pas trouvé les clés d'une plus juste répartition des richesses."

A la suite de Ségolène Royal, le philosophe Edgar Morin a lui aussi expliqué que l'on ne pouvait pas prendre la question de la croissance de manière binaire. D'après lui la question est plutôt "Qu'est-ce qui doit croitre et qu'est-ce qui doit décroitre". Et de citer comme source de croissance l'économie verte, les énergies renouvelables, l'économie sociale et solidaire, la culture, l'échange...

A écouter (attention le son est un peu faible) :

 

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PS: Je vous conseille le hors-série du Monde sur Edgar Morin dans lequel vous trouverez un très intéressant portrait du philosophe au parcours romanesque et étonnant, du résistant à l'exploration du savoir et des hommes, ainsi que des extraits de son travail et un long entretien. C'est paru il y a quelques temps déjà mais ça vaut la peine.

Et merci à Robinwood-Lelouch pour ses images et son aide.

 

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