Un chercheur refuse une prime de 15.000 euros

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Pour protester contre la politique de différenciation salariale du gouvernement, un biologiste du CNRS a demandé à ce qu'elle soit reversée à la Fondation de France.

Le siège du Centre national de recherche scientifique à Paris (AFP)

Le siège du Centre national de recherche scientifique à Paris (AFP)

15.000 euros, c'est la prime d'excellence scientifique qu'un chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a refusé, afin de protester contre la politique de différentiation salariale du gouvernement, a-t-on appris dimanche 14 février par sa lettre de refus publiée, par un syndicat. Le biologiste François Bonhomme, directeur de recherche à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISE-M), a reçu en décembre une lettre lui annonçant le versement de la prime au titre de sa médaille d'argent du CNRS, obtenue pour ses travaux scientifiques en 1996. "Je ne suis pas du tout partisan de la politique de différenciation salariale qui est en train de se mettre en place dans la recherche publique française", déclare le chercheur dans sa lettre postée sur le site du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU). "Je ne me berce pas d'illusions d'un monde égalitaire", poursuit François Bonhomme, qui juge cependant que les scientifiques "apprécient aussi de ne pas se sentir en concurrence trop directe avec leurs collègues".

Prime reversée à la Fondation de France

Le chercheur n'accepte notamment pas un système dans lequel des "capitaines de recherche négocieront leur salaire à l'embauche tout en ayant à leur service une armée de contractuels taillables et corvéables à merci". Il a demandé à ce que sa prime étalée sur quatre ans soit reversée à la Fondation de France, qui recueille des dons pour aider les personnes vulnérables, développer la connaissance et protéger l'environnement. A l'automne, un autre médaillé d'argent du CNRS, Didier Chatenay, avait aussi annoncé qu'il refuserait sa prime de 15.000 euros.
Fin janvier, cinq syndicats de chercheurs et le collectif Sauvons l'Université (SLU) ont adressé une lettre à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse demandant l'abandon de la prime d'excellence scientifique en échange d'une augmentation des possibilités de promotion et d'une "création massive de postes titulaires afin de résorber la précarité".

(Nouvelobs.com)
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