Une fois de plus, Sarkozy joue les toutous de Merkel

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Laurent Pinsolle - blogueur associé | Mercredi 16 Juin 2010


Le dîner qui a réuni lundi 14 juin le président français et la chancelière allemande a été marqué, une fois de plus, par la capitulation de Sarkozy. Venu pour demander une gouvernance économique de la zone euro, il y a renoncé avant même de sortir de table. Et a accepté au passage de se coucher devant les exigences d'un pays obsédé par la rigueur budgétaire..



Photo : Flickr - Chesi - Fotos CC - CC
Photo : Flickr - Chesi - Fotos CC - CC
Après l’annulation de dernière minute de la semaine dernière, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont fini par dîner ensemble hier soir.
Le président Français a capitulé en rase campagne en acceptant les propositions de la chancelière sur la gouvernance économique européenne.

Une gouvernance européenne anti-démocratique
Si le projet d’accord Franco-allemand évoque une bienvenue taxe sur les transactions financières, dont il faudra attendre les détails pour en évaluer la portée, l’accord d’hier soir contient surtout une disposition absolument incroyable qu’Angela Merkel a réussi à vendre à Nicolas Sarkozy. Ils ont proposé un retrait du droit de vote des pays laxistes en matière budgétaire au conseil européen. Bref, la rigueur à l’Allemande passe avant les plus élémentaires notions démocratiques.

Il est incroyable qu’une telle proposition fasse son chemin sans provoquer une vigoureuse réprobation. Depuis quand la démocratie serait une option fonction du respect de critères financiers ? Même si une certaine rigueur budgétaire est importante, il n’est pas acceptable que l’évaluation de celle-ci puisse faire taire la voix d’un pays. En outre, on imagine bien que c’est la Commission qui pourrait arbitrer une telle gouvernance. L’Europe a décidemment un problème avec la démocratie.

Nicolas Sarkozy, le béni oui-oui
Photo : Flickr - vx_lentz - CC
Photo : Flickr - vx_lentz - CC
Bref, l’Allemagne a réussi à faire passer sa vision un peu hystérique de la rigueur budgétaire au point de remettre en cause les fondements même de la démocratie.
 
 Cet épisode révèle à nouveau à quel point notre président est un piètre négociateur.
 Car derrière les coups de menton et les fanfaronnades, Nicolas Sarkozy a souvent tendance à capituler lors des négociations internationales quand les autres ne sont pas d’accord avec lui.
Il ne sait pas défendre ses positions
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