Sarkozy a-t-il la trouille ?

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Le PIB de la France s'est contracté de 1,2% au cours du dernier trimestre de 2008. Le pire résultat depuis ... 1974. La crise s'enlise aux Antilles. Et Nicolas Sarkozy a choisi de fuire la France pour le Moyen Orient.

Sarkozy voyage

Cette semaine, le président français a préféré se déplacer au Moyen Orient. Rares ont été les commentateurs à poser la seule question qui vaille à propos de ce voyage présidentiel :

 

Mais pourquoi donc partir maintenant ?

Les annonces concrètes ont été rares, et les objectifs réels de ce voyage sont restés flous... jusqu'au bout: Primo, Sarkozy a proposé au Sultanat d'Oman d'organiser "des vols de démonstration du Rafale" pour mieux le convaincre. Secundo, la France et le Koweït devraient signer un nouvel accord de partenariat stratégique d'ici ... la fin de l'année 2009. Tertio, Sarkozy a fait comprendre qu'il était là-bas pour aider à résoudre la crise israélo-palestinienne et les tensions avec l'Iran. Tout laisse à penser que Nicolas Sarkozy est en fait parti pour (1) échapper au contexte national et européen, (2) divertir les foules, (3) raffermir sa position internationale. Mardi, Nicolas Sarkozy a fait une escale surprise en Irak. Quoi de mieux pour divertir ? Mercredi, au Koweit, il a enjoint Obama d'attendre avant d'entamer des discussions avec l'Iran: "Il est sage d'attendre que les élections se déroulent pour que les discussions entrent dans une nouvelle phase" Quoi de mieux pour se dorer le blason ?

La crise européenne l'a néanmoins suivi jusque là-bas. Le président français a dû répondre aux accusations de protectionnisme depuis le Koweit: «C'est ma responsabilité de préserver l'emploi en France. Ce plan automobile sert bien à nos voisins, parce que si on avait pas engagé ce qu'on a engagé au service de PSA et Renault, c'est leurs implantations partout en Europe -ndlr notamment en République tchèque et le Slovaquie- qui s'en trouveraient menacées».

La France s'enlise

Sur l'ensemble de l'année 2008, la croissance française du PIB s'établit à +0,7%. Pour 2009, la ministre de l'économie n'est pas optimiste : la récession sera, d'après elle, d'au moins 1%. Les investissements dans l'industrie française devraient plonger en 2009 de 12 % d'après l'INSEE. La France résiste à peine mieux qu'ailleurs. En tablant sur un rebond de +0,5% en 2010, l'UNEDIC table sur 282 000 chômeurs de catégorie 1 supplémentaires cette année, et encore 122 000 en 2010. L'année 2008 s'est terminée à 2,114 millions de chômeurs "officiels", et plus de 4 millions de personnes en recherche d'emploi. Et Laurent Wauquiez a enterré un peu plus la réforme du travail le dimanche: "Le travail du dimanche ne fait pas partie des sujets évoqués cette semaine avec les partenaires sociaux."

 

La situation est pire ailleurs : le Royaume Uni s'attend à une "dépression" (si l'on reprend le lapsus récent de Gordon Brown) de 4 % à 6 % à la mi-2009, avant de repartir à la hausse début 2010. Le chômage est remonté à 6,3% de la population active (contre plus de 8% en France).

Et Laurence Parisot a annoncé jeudi que, selon elle, la réunion du 18 février entre les organisations syndicales et Nicolas Sarkozy n'avait pas pour but de négocier : « Négociation ? Mais sur quels sujets ? (…) Je n’ai pas entendu parler de négociation. Il est bon que les partenaires sociaux se rencontrent pour partager un diagnostic. »

Le feuilleton "Jego aux Antilles".

Il n'y a que Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi (au chômage ?) pour considérer que la situation aux Antilles s'améliore : "En Guadeloupe, on est arrivé à une baisse sensible du prix des carburants, à l'augmentation des aides à la restauration scolaire, à la mise en œuvre anticipée du RSA dès 2009 et à un programme de 190 millions d'euros pour la mise en place de tous les points évoqués dans la négociation. Pour un sujet qui aurait été sous-estimé, c'est déjà beaucoup. Mais il n'appartient pas au gouvernement de fixer les salaires ni de se substituer aux partenaires sociaux " a-t-il déclaré au Figaro jeudi 12 février. Le ridicule ne tue plus depuis longtemps en Sarkofrance: Yves Jego avait déjà précipitamment quitté la Guadeloupe en pleine négociation dimanche dernier ... pour revoir "physiquement" le Premier Ministre. Dès lundi soir, il y retournait, flanqué de deux "médiateurs", des inspecteurs des Finances. Valérie Pécresse, la secrétaire d'Etat à l'Enseignement Supérieur, avait fait de même: nommer une médiatrice pour résoudre son conflit avec les enseignants-chercheurs. C'est le nouveau concept à la mode : on s'invente un fusible pour ne pas le devenir soi-même trop vite. Jeudi 12 février, en fin de journée, les négociations étaient rompues: le Collectif contre l'exploitation (LKP), à l'origine de la grève générale affectant la Guadeloupe, a annoncé que les discussions avec les deux médiateurs désignés par le gouvernement étaient interrompues. Le LKP a été assez énervé que les deux médiateurs ne connaissent pas les points d'accord et de désaccord en arrivant sur place ... Manque de chance, Yves Jego était déjà reparti pour la métropole... Cherche-t-il à cumuler des "miles" à voyager ainsi ? L'origine de cet enlisement tient au refus du gouvernement d'avaliser le pré-accord conclu le week-end dernier entre les organisations et le patronat local, qui prévoyait notamment que l'Etat finance un allégement de charges sociales pour 200 euros d'augmentation des salaires.

Selon un sondage publié par le Nouvel Obs, 58% des Français interrogés estiment que Nicolas Sarkozy "parle beaucoup mais ne fait pas grand-chose"

Ce contexte semble parfois échapper au JT de 13 heures de TF1. Surpris ?

 

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