Ségolène Royal a fait monter la prime chez KPI
En se rendant à Rochefort hier, la présidente de Région, Ségolène Royal, ne pouvait oublier KPI. Et sa visite est tombée à point nommé dans cette usine où 146 personnes seront licenciées. Car les salariés, en lutte depuis le 4 février, étaient à bout hier matin.
Coup de théâtre
Dans la nuit de jeudi à vendredi, les négociations sur les primes supra-légales se sont en effet soldées par un coup de théâtre. « Un accord sur 10 000 euros de préjudice a été signé par les partenaires sociaux, mis sous pression par la direction qui menaçait, sinon, de repartir à zéro. Or, nous avions fait monter les prix. Et, du coup, trois taxis remplis de pièces ont pu quitter l'usine », racontaient les salariés, choqués, hier.
« On nous a appelés dans la nuit de jeudi à vendredi, vers minuit, pour revenir à l'usine et voter (ou non) pour la levée du blocus. Tous les présents ont voté pour le maintien du blocus et, bizarrement, tous ceux qui ont été appelés au téléphone pour voter étaient partisans de la levée. Et ils étaient plus nombreux que nous... Sur le coup, nous n'avons pas pu vérifier mais, en attendant, l'accord était signé », poursuivaient les salariés qui ont maintenu le blocus hier, en participant à un nouveau vote.
Et Ségolène Royal est arrivé pile poil au moment où l'émotion et la confusion étaient à leur comble, les salariés se sentant bernés par tant de précipitation. Accompagnée des deux conseillers régionaux, Bernard Grasset et Jean-François Mémain, elle est allée à la rencontre du patron, Thierry Blampain.
Des avancées
Après une heure de discussion, la présidente de Poitou-Charentes avait réussi à débloquer la situation ! Et elle a annoncé que la Région prendrait en charge le coût de la formation, qui pourra être transformé en chèque pour les salariés. La prime passerait de 10 000 à 13 000 euro.
Des discussions vont être engagées avec Alstom - qui recrute - pour recaser des salariés de KPI. « Moins il y aura de licenciements, plus les indemnisations des employés augmenteront. Puisque ceux qui retrouveront un emploi ne toucheront pas les 13 000, remis au pot commun », poursuivait Ségolène Royal qui s'est dit prête à garantir 90 % des salaires jusqu'à une fois et demi le Smic pendant dix-huit mois.
De son côté, la direction a accepté de déclarer nul le vote de la nuit. Les salariés devraient revoter vendredi prochain, sur la base d'un nouveau texte qui reprendra les nouvelles propositions.
En contrepartie, la direction demandait que le matériel puisse sortir de l'usine dès hier et que le travail reprenne lundi. Les employés ont accepté puisque le vote organisé hier matin, avant l'arrivée de Ségolène Royal, était en faveur de la levée du blocus.
Auteur : Kharinne Charov
Source : http://www.sudouest.com/charente-maritime