Nicolas Sarkozy et la fonction présidentielle… "Langagière"

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc






Par Christophe - animateur Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Relevé sur le blog de Jean-Louis Bianco


Nicolas Sarkozy, chez Alstom, à Ornans
envoyé par Mediapart

Extraits :

 «L’écologie, c’est pas qu’y ait que des jardins»;

 «Je crois en mes convictions»;

 «Si y’en a qu’ça les démangent d’augmenter les impôts…»;

 «Avec l’allongement de la durée de la vie, y’aura de plus en plus de gens qui voudront partir faire des tours en croisière».

 «J’avais pas prévu de vous dire tout ça mais ça m’a fait bien plaisir de vous le dire.»

 

Comme le rappelle Médiapart,

"Tout y passe : le mépris pour les journalistes, les ’sachants’, pour l’ancienne direction d’Alstom, la contre-publicité récurrente pour Siemens (le concurrent allemand d’Alstom) à la limite de l’incident diplomatique, la morgue à l’égard de certains de ses ‘amis’ d’aujourd’hui dont la rigidité vertébrale laisse à désirer et à l’égard de ses ennemis d’hier…

L’air de rien, Nicolas Sarkozy aura dynamité la fonction présidentielle comme personne."

Source : Le Blog de Jean-Louis Bianco.

 


Je vous propose également l’article de Marie Lavin sur Médiapart.fr dont Jean-louis Bianco Fait allusion

« Si y’en a qu’ça les démange.... »

Voilà en quels termes le Président de la République s’est exprimé hier à Ornans devant des ouvriers d’Alstom. Un élève de CM2 qui s'exprimerait ainsi se verrait vertement rappelé à l'ordre par le maître.....

Cette vulgarité dans l’expression n’est pas anecdotique, tant le président est familier des tournures censées « faire peuple ». On n’ose imaginer que les cuirs présidentiels soient involontaires et l’on peut donc à bon droit s’interroger sur les raisons qui le conduisent à  utiliser ainsi un langage  délibérément négligé.

S’imagine-t-il que les travailleurs lui sauront gré d’une supposée proximité langagière ?  Cela relèverait alors de la même croyance qui consiste à penser que, parce qu‘il appelle systématiquement dans ses discours les autres chefs d’Etat par leur prénom, il devient de ce fait leur ami le plus proche.  Cette négligence voulue, ce laisser-aller verbal, destinés à démontrer une proximité, ne peuvent en réalité qu’apparaître insultants pour leurs destinataires.  Cela présuppose en effet que ceux-ci  sont incapables d’aligner  deux mots en Français correct et que, pour leur parler, il faut bien se mettre à leur niveau.

Ce massacre de la norme langagière pourrait aussi indiquer la volonté  présidentielle  d’apparaitre comme l’homme capable de toutes les ruptures. Rompant avec la tradition qui veut que le chef de l’Etat s’exprime avec des mots choisis et une syntaxe correcte, il voudrait apparaitre comme celui qui ne craint pas de provoquer, même dans le domaine de la langue. Ce serait une occasion supplémentaire de se gausser de la culture classique, une nouvelle façon de ridiculiser les admirateurs de la princesse de Clèves, une manière de mettre de son côté tous ceux qui n’ont pas une maîtrise assurée des codes linguistiques.  

Dans les deux cas ce que révèle le dérapage constant du verbe présidentiel c’est le mépris de l’autre, qu’il soit ouvrier ou intellectuel, ce sont la démagogie et le populisme érigés en méthode de gouvernement.

Marie Lavin

 

En parlant de la sorte, Sarkozy démontre une de fois de plus, le mépris qu’il a pour les Français, et la langue Française, d’ailleurs on peut faire un parallèle avec sa politique culturelle qui est proche du degré 0.

A bon entendeur…

Christophe

 

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