Nicolas Sarkozy a « sauvé » Caterpillar comme il a « sauvé » Arcelor-Mittal

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Par l'équipe de Ségolène Royal

On aurait pu penser que sa « mésaventure » Arcelor-Mittal Gandrange l’aurait instruit. On constate tristement que non. Les salariés de Caterpillar viennent de s’en rendre compte à leurs dépens. Même ficelle cynique utilisée par Nicolas Sarkozy dans les deux cas pour un même résultat.

Rapide rappel : la promesse de sauver Arcelor-Mittal Gandrange débouche sur la fermeture du site

Face à l’émotion suscitée par la décision d’Arcelor-Mittal de licencier 600 salariés de son usine de Gandrange malgré des profits faramineux, Nicolas Sarkozy se rend sur place  en février 2008 et redonne espoir aux ouvriers en promettant de trouver des repreneurs et d’investir massivement sur le site : « Je reviendrai moi-même (…) pour annoncer la solution qu’on aura trouvée. » Chacun connaît la suite : pas de repreneurs, des broutilles de la part de l’Etat, un plan social maintenu, le haut-fourneau fermé et pas de retour sur place de Nicolas Sarkozy.

Caterpillar : nouvelle promesse et 733 licenciements à la clé*

« S'il y a de l'argent pour sauver les banques et la finance vous devez en trouver pour sauver les entreprises. » (l’intersyndicale de Caterpillar à Nicolas Sarkozy).

Alors que des salariés de Caterpillar retiennent dans leur usine des cadres dirigeants, exprimant ainsi leur révolte face à un plan de licenciements prévoyant 733 suppressions d’emplois et à un incroyable cynisme de leur direction, Nicolas Sarkozy lance sur les ondes d’Europe 1 le 1er avril (ça ne s’invente pas…) : « Je vais sauver le site. Je recevrai cette intersyndicale puisqu'ils m'ont appelé au secours. »

Cette fois-ci, instruits par le précédent Arcelor-Mittal, les salariés de Caterpillar ne se sont pas laissés prendre. Ils ont eu raison : non seulement les licenciements sont confirmés mais au lieu d’en voir le nombre réduit à 600 comme espéré un temps, il y en aura bel et bien 733.

Arcelor-Mittal, Caterpillar et bien d’autres : comment ne pas comprendre la révolte des salariés ?

«Gandrange restera, pour toujours, le symbole d'un mensonge d'Etat », a dit Edouard Martin, syndicaliste chez Arcelor-Mittal. Ses homologues de Caterpillar pourraient en dire autant.

Face à la boulimie d’argent, de bénéfices, de stock-options, d’acquisitions, de pouvoir, de retraites chapeaux, de parachutes dorés de quelques prédateurs financiers qui laminent les salariés d’Arcelor-Mittal, de Caterpillar, de Continental et de tant d’autres entreprises – comme ceux de Carreman de Castres qui se voient proposer d’aller travailler en Inde pour 69 euros par mois –, les travailleurs ont besoin d’un Etat fort et protecteur, qui assume ses responsabilités quitte à contraindre s’il ne peut convaincre. Lorsqu’ils doivent en plus subir les mensonges et le cynisme des représentants de cet Etat, qui peut s’étonner qu’ils cèdent à la désespérance qui engendre des actes désespérés ?

Alors oui, dans ce contexte, comme vient de le dire Ségolène Royal à Athènes devant des leaders de la gauche européenne, « la gauche doit se réconcilier avec la radicalité qui se développe, en France mais également partout en Europe. Il faut se battre, donner de la voix, mener le rapport de force jusqu’au bout lorsqu’une situation est parfaitement injuste et qu’elle résulte d’un cynisme absolu. » C’est une des conditions pour que la gauche soit de nouveau digne de la confiance du peuple.

 

Note personnelle

*un accord syndicat patronat (la CGT n’a pas approuvé cet accord) à ramené hier le nombre de licenciement de 733 à 600… soit 600 licenciements de trop.

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Publié dans Ségolène Royal

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