Ségolène Royal : bonnet d'âne pour les banquiers

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

On a souvent l'occasion, en politique, de vérifier que l'effet caméléon existe. À savoir que lorsque plusieurs orateurs sont amenés à s'exprimer, le ton des discours est donné par le premier. Ce fut le cas, une fois encore, samedi après-midi à la mairie, où la présidente de région faisait étape pour signer une convention avec la ville sur le microcrédit social universel, initiative mise en place au niveau Poitou-Charentes (une première en France) en février 2007 (lire par ailleurs) et dont, désormais, par le biais du Centre communal d'action sociale, les Cognaçais les plus démunis pourront bénéficier.

« Ceux qui trinquent »

Ainsi donc Michel Gourinchas a-t-il commencé par expliquer qu'une raison éminemment sociale était à l'origine de ce rendez-vous, l'objectif étant d'aider ceux qui en ont le plus besoin. S'exprimant aux côtés de Marianne Reynaud, son adjointe à la solidarité, il n'a pas caché qu'il s'agissait d'une mesure dont il aimerait pouvoir se passer... Et de s'en prendre, dans la foulée, aux banques qui, en cette période de crise, « sont les plus aidées alors que les besoins les plus forts sont ceux des chômeurs, des plus démunis, de ceux qui trinquent les plus ».

Et de passer une couche sévère au gouvernement « qui ne touche pas au bouclier fiscal », à celui qui se promettait « le président du pouvoir d'achat » et grâce auquel « tout va toujours dans le même sens, vers ses amis, du genre de ceux qui lui prêtent leur yacht »...

Le ton était donné, Ségolène Royal l'a conservé. Après avoir dépeint le microcrédit, dit son refus de l'assistanat égal à sa volonté de faciliter les moyens des gens en difficulté afin de leur permettre d'« avoir la liberté de leur choix de vie », elle a fait passer un sale moment aux banquiers.

C'est un « scandale », s'est-elle emportée, « que les comportements bancaires n'aient pas changé avec la crise. Les tarifications bancaires n'ont pas varié, les taux des crédits revolving non plus. Le poids du coût des découverts est intolérable. À 17 ou 18 %, c'est du vol bancaire. On bascule très vite de l'endettement au surendettement, et alors, toute la vie se délite. Les banques s'enrichissent sur le dos des pauvres ! ». Fermez le ban.

Ce coup de colère aura été le seul d'une visite dans et autour de Cognac menée au pas de charge. Départ à Saint-Sulpice, aux côtés du maire, Jacques Naudin, par la découverte des travaux d'aménagement de la mairie dans l'ancien presbytère, crochet par le pôle des métiers d'art du bois de Bréville avec Jean-Louis Mercier, mains à serrer au marché de Cognac, détour par le bar du Commerce, déjeuner en terrasse place François Ier, plein de mains à serrer sur la base plein air et enfin une étape par le club d'aviron avec, à la clé, un tour sur la Charente à bord d'une yolette avec un barreur... Royal.

Un tel emploi du temps (c'est-y que les élections régionales seraient pour bientôt ?) permet de comprendre que ça puisse faire du bien de se défouler en cognant sur les banquiers...

Auteur : P.G.

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Publié dans Ségolène Royal

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