Mobilisation intersyndicale ce samedi : Les syndicats veulent "maintenir la pression" sur le gouvernement
Bien que bénéficiant d'une forte sympathie dans l'opinion, cette journée de mobilisation intersyndicale (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa) contre la politique anti-crise du gouvernement s'annonce moins importante que les précédentes.
Les syndicats organisent samedi 13 juin une journée de manifestations unitaires contre la politique anti-crise du gouvernement. Cette mobilisation s'annonce de moins grande ampleur que les précédentes tout en bénéficiant de la même sympathie de l'opinion.
A l'approche des congés d'été, les dirigeants syndicaux (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa) disent vouloir "maintenir la pression" sur le gouvernement, mais aussi le patronat, en dépit de leur discrétion ces jours-ci dans les médias.
Ils doivent faire début juillet avec le président Nicolas Sarkozy "un bilan d'étape" des mesures gouvernementales contre la crise, tandis qu'un nouveau cycle de discussions avec le patronat a commencé mercredi.
Peu de perturbations sont à attendre samedi, sauf dans la presse. Les quotidiens nationaux ne paraîtront pas et la diffusion de certains titres régionaux devrait être perturbée, en raison d'une grève des ouvriers du Livre
Ce sera la cinquième journée de mobilisation unitaire depuis le début de la crise. La dernière journée d'ampleur, le 1er mai, avait encore réuni près de 1,2 million de manifestants (456.000 selon la police).
La CGT annonce 155 cortèges samedi (280 le 1er mai). L'objectif, selon François Chérèque (CFDT), est de "faire au moins aussi bien que le 1er mai". Bernard Thibault (CGT) s'attend à "moins de monde" que le 19 mars (jusqu'à 3 millions de manifestants selon cette confédération).
Les appels à manifester sont clairsemés. Si les cheminots, l'enseignement supérieur, la recherche ou les hôpitaux sont concernés, l'Education nationale ne l'est pas.
A Paris, tous les dirigeants syndicaux seront dans le carré de tête du défilé, de la Bastille à Montparnasse, dont Bernard Thibault, François Chérèque et Jean-Claude Mailly (FO).
Toutefois, des lézardes sont apparues dans le front syndical, dont l'unité a été la clé du succès. "Les manifs à répétition ce n'est pas notre tasse de thé parce qu'il y a un peu un phénomène d'usure des salariés", a déclaré lundi Jean-Claude Mailly.
Bernard Thibault a dit "regretter" ces déclarations qui "portent atteinte à (la) crédibilité" syndicale.
Samedi, FO, qui a plaidé en vain pour une grève générale de 24 heures, devrait être absente dans un département sur deux, selon des permanents de cette centrale. Ce que Bernard Thibault qualifie de "désengagement massif". Solidaires (dont Sud) ne sera pas non plus présent partout.
Outre ces tiraillements, le reflux des mobilisations sociales, passées au second plan de l'actualité, complique la tâche des syndicats.
Certes, le climat social reste lourd, avec 187.800 emplois perdus au premier trimestre 2009 (Insee), et même tendu comme en témoigne la séquestration de quatre dirigeants à la papeterie de Malaucène (Vaucluse) cette semaine.
Des grèves perdurent ou sont déclenchées, comme chez ST-Ericsson près de Caen, mais l'intensité des conflits a globalement diminué.
Si le mécontentement social persiste, les initiatives syndicales ne convainquent pas. Selon un sondage BVA, 74% des Français trouvent justifié le mouvement de samedi, mais seulement un tiers pense qu'il pourrait inciter le gouvernement à modifier sa politique.
Enfin, le rapport de force est moins défavorable à l'exécutif depuis les élections européennes de dimanche, qui ont donné une prime au parti présidentiel (UMP).
Une moindre mobilisation samedi ne signifiera pas que le gouvernement sera "sorti d'affaire", selon Bernard Thibault qui prédit que "le climat revendicatif se poursuivra cet été". Quant à François Chérèque, il décèle toujours des "risques d'embrasement" dans les entreprises et chez les jeunes.
(Nouvelobs.com)