«Si j'ai pu faire 1000 bornes, les élus peuvent bien se bouger aussi»

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Philippe Tintillier, handicapé, a parcouru la France en fauteuil pour réclamer aux pouvoirs publics d'agir sur l'accessibilité.

«Trop ému pour parler.» C'est les larmes aux yeux et sous les vivas que Philippe Tintillier, 43 ans, a fait son arrivée ce midi à Paris, avec 1000 km dans les bras. En fauteuil roulant depuis 2004, il est parti le 2 juin de Clermont-Ferrand pour attirer opinion et pouvoirs publics sur l'urgence d'agir en matière d'accessibilité, et voir tout au long du parcours comment les villes s'engagent, ou non, sur la question.

«On l'a fait les gars, on l'a fait», répète-t-il à son comité d'accueil, place Baudoyer dans le 4e arrondissement. Une centaine de personnes, pour la plupart membres de l'Association des paralysés de France (APF), qui l'ont accueilli sur le parcours. «Si j'ai pu faire 1000 bornes, les élus peuvent bien se bouger aussi»,lance Philippe Tintillier, déjà auteur en mars du «record du monde de la plus longue distance parcourue en 24 heures en fauteuil roulant», 187 km.

Car si la loi «handicap» de 2005, qui prévoit l'accessibilité dans tous les établissements recevants du public et les transports collectifs d'ici 2015, a fait naître un grand espoir, beaucoup à l'APF doutent que l'objectif soit atteint dans les temps. Transports, administrations, écoles, immeubles mais aussi trottoirs, salles de cinéma, banques ou même la boulangerie: tous le disent, la France a encore beaucoup chemin à faire pour se mettre aux normes.

«Pas que pour les handicapés»

«Des progrès on été faits, par exemple sur quelques lignes de bus ou de métro ou à la Poste, mais on ne prend pas en compte l'ensemble du parcours. Partout ailleurs en Europe, les trottoirs sont abaissés. En France, non», regrette Barbara, élégante trentenaire qui, en fauteuil, doit encore se faire porter pour se rendre à sa mairie d'Ivry-sur-Seine. Pourtant, rappelle-t-elle, «la question de l'accessibilité intéresse toute la société: ce n'est pas que pour les handicapés, c'est aussi pour les mamans, les personnes âgées...». 

Marie, bénévole de l'APF qui a accompagné Philippe sur les premiers kilomètres, résume la situation: «Les escaliers, les étages, les couloirs trop étroits pour faire tourner un fauteuil, les guichets trop haut... C'est un parcours du combattant qui n'en finit pas, alors que l'accessibilité devrait être un minimum.»

Philippe Tintillier, accompagné de ses supporteurs qui debout qui en fauteuil, devait ensuite être reçu dans l'après-midi au ministère des Transports de Jean-Louis Borloo.

Lire aussi sur Liberation.fr le blog Ma vie en fauteuil.

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