Débat sur l'identité nationale: "fin d'un fiasco annoncé", dénonce l'opposition
Le Parti socialiste a ironisé lundi sur les "mesurettes" dont a accouché le séminaire gouvernemental organisé à Matignon pour clore la première "étape" du débat sur l'identité nationale.
Pour le PS, Harlem Désir, secrétaire national à la coordination, a estimé que ce séminaire marquait la "fin d'un fiasco annoncé", dénonçant "des mesurettes pour faire croire que tout cela a servi à quelque chose".
"En fait, le gouvernement a décidé d'enterrer le débat sur l'identité nationale", a déclaré M. Désir dans un communiqué. "Il était temps. Mais il aurait mieux fait de ne jamais l'ouvrir. Car, dans l'intervalle, c'est la cohésion nationale qui a été fragilisée pour des raisons politiciennes."
Pour les députés PS Jack Lang et George Pau-Langevin, "la montagne a accouché d'une souris". Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, reproche au gouvernement d'avoir "renvoyé, à l'intérieur comme à l'extérieur, l'image d'une nation qui n'assume pas sa diversité alors même que sa réalité est à l'inverse".
Plus nuancé, le député socialiste Pierre Moscovici juge que les mesures annoncées "ne vont pas dans le mauvais sens, mais effectivement ce sont des mesurettes". Et d'ajouter sur LCI: "C'est un aveu d'échec. C'est un désaveu aussi pour (le ministre de l'Immigration) Eric Besson et, derrière lui, pour le président de la République qui a eu cette idée-là, qui a tenté de diviser les Français, qui a tenté de les opposer aux immigrés, et qui n'a pas réussi".
Pour le PCF, Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, a dénoncé une "opération nauséabonde" qui "a libéré la parole raciste et xénophobe jusqu'au plus haut niveau de l'Etat" et réclamé la dissolution d'urgence du ministère de l'identité nationale "dont l'existence même est un appel au rejet de l'autre, aux discriminations à l'encontre des populations d'origine étrangère et à la xénophobie".
Jean-Luc Mélenchon, président du Parti du gauche, a poussé un "ouf, bon débarras!" de soulagement. Et de trancher la question au coeur du débat: "Est Français celui qui a une carte d'identité française", a-t-il résumé sur France-Info. "Tout le reste, c'était du bavardage qui était destiné à un racolage électoral sur le Front national".
D'après AP