Ils sont déjà au boulot! Par Jean-Marie Padovani sur MEDIAPART

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Je lisais l’autre jour le commentaire du pervers pépère qui venait m’asticoter sur le fait que Ségolène Royal ne serait pas élue au premier tour, ça m’a fait sourire.

Et puis ce matin en lisant un article des Echos je m’aperçois que Solferino est aussi au boulot.

Et là ce n’est pas le pervers pépère qui pose un commentaire, pour me faire rire, sur Médiapart, c’est « un membre de la direction du PS » qui dit « « C'est un bon score de président de région, mais rien de plus qu'un bon score de président de région »,

Ce n’est pas la peine d’imaginer le journaliste prenant son téléphone et appelant Solferino pour demander à rencontrer quelqu’un de la direction du PS, ils déjeunent et dînent presque tous les jours dans les mêmes lieux, se connaissent parfois depuis des années, il y en a même qui se marient entre eux, c’est dire s’ils se connaissent bien.

Donc, maintenant que le sondage est connu par Solférino et que l’on a une petite idée du résultat du second tour le boulot va consister à minimiser au maximum ce résultat tout en continuant, bien sûr, pendant la campagne, à manipuler localement quelques socialistes grincheux.

J’imagine qu’au soir du second tour le débat sera focalisé, en ce qui concerne Ségolène Royal, sur la qualité de son score.

Ben oui, pour elle ce qui comptera ce sera son chiffre, rien que son chiffre et les médiatocrates se préparent déjà, ils seront sur les plateaux de télé et sur les radios avant de se répéter au mot près dans leur hebdos respectifs dans la semaine qui suivra, faut pas gâcher.

Alors en attendant de connaître le sort qu’ils lui réserveront je vous propose de jeter un œil sur une partie de l’analyse qu’a fait un journaliste indépendant de la région dont le site et en lien sur mon billet précédent.

Je commence par le meilleur, le désespoir dans lequel Ségolène Royal a plongé Dominique Bussereau « Pour le « malgré-nous » de l’UMP, le résultat du sondage est « très réaliste ». Oui, vous avez bien lu, Dominique Bussereau considère que le résultat est « très réaliste ». Sa lourde défaite, l’effondrement de la droite etc. sont « très réaliste ». Certes, il dit aussi qu’il a une grande marge de progression…mais jamais on avait entendu un candidat à une élection dire après un très mauvais sondage que son résultat est « très réaliste ». Il y a quelques semaines on saluait l’entrée en campagne du secrétaire d’Etat aux transports. Il avait trouvé son identité. Aujourd’hui, il semble déjà sorti de la campagne, au sens propre comme au sens figuré »

Le gars est quand même ministre, c’est le meilleur pote de Raffarin l’ancien premier ministre qui n’a toujours pas digéré qu’une femme socialiste lui ait piqué « sa » région et il a déjà le moral dans les charentaises.

Mais il y a une explication à l’amertume de Raffarin et de Bussereau « Si les progrès de la gauche sont forts, les pertes de la droite sont cataclysmiques, et je pèse mes mots. Entre 2004 et 2010, les droites, dans leur ensemble, de l’UMP au FN, pourraient perdre près de 13 points. Si ce 37 % se confirmait, ce serait, ni plus ni moins, que le pire score des droites en Poitou-Charentes depuis un quart de siècle et sans doute plus (je n’ai de données précises que jusqu’en 1984, et la région n’était pas connue pour son côté rouge auparavant… »

C’est là, avec de telles données que l’on mesure le véritable succès d’un leader politique, dans sa capacité à ancrer le vote de sa famille de pensée.

Et pour ça il ne faut pas décevoir surtout lorsque votre région a été arrachée à la droite depuis à peine 6 ans.

Et justement c’est aussi là que l’on trouve les signes de la réussite d’un mandat

« Dans la configuration d’éparpillement de la gauche qui est celle du Poitou-Charentes cette année (cinq listes contre deux en 2004), il faut se prêter au jeu des additions pour avoir une bonne vision des choses par rapport à la précédente élection. Prenons d’abord la gauche au sens large du terme, de l’extrême gauche au PS et EE. Cela donne 57 %, c’est considérable et c’est près de 7 points de mieux qu’en 2004, un progrès non moins considérable. Au sens restreint du terme, c’est-à-dire seulement les trois forces de la majorité sortante, le résultat est là aussi très bon. Unies en 2004, elles avaient réalisées 46,3 % au premier tour. Cette année, d’après le sondage de l’IFOP, divisées, elles obtiennent 52 %, soit un progrès de 6 points, la majorité sortante engrange donc la quasi-totalité des progrès des gauches.

Voilà donc, quel que soit le chiffre du second tour que réalisera Ségolène Royal le véritable bilan comptable de ses 6 années de présidence de la région Poitou Charente.

Mais ça c’est lorsqu’on est journaliste de terrain que l’on en parles, pour le journaliste de fauteuil les éléments à prendre en compte sont plutôt contenu dans la qualité du repas de la veille et des « confidences » recueillies, c’est autre chose.

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