Jeunes, cadres et écolos derrière Ségolène

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Nettement en tête, la présidente PS de Poitou-Charentes a su vendre son bilan, tisser des alliances controversées mais utiles… Et sentir le fond de l'air.
 
A cinq semaines du scrutin, les choses paraissent plutôt bien orientées pour Mme Royal. 57 % des suffrages, et plus peut-être si affinités. Un triomphe ? Cela y ressemble. L'intéressée tempère et s'applique à une inhabituelle modestie, avançant un bilan collectif – évidemment – où scintillent des initiatives avisées, habilement mises en scène. En matière de com, la présidente socialiste picto-charentaise n'a jamais été maladroite. Et ce succès, s'il se confirme, lui apportera l'élan indispensable pour se relancer dans le cyclotron présidentiel de 2012, élargir des troupes fort amincies, distancer peut-être ses concurrents internes. Dominique Bussereau n'a pas ce souci-là. Les 43 points que lui accorde le sondage, le soir du 21 mars, lui en réservent d'autres peut-être. L'arène politique est impitoyable, ce centurion du sarkozysme, désigné volontaire cet automne ne l'ignore pas. La conjoncture ne lui est pas favorable, la lecture des tableaux accompagnant le sondage IFOP - Paris Match - NR est éloquente. Les jeunes le boudent. Dès le 1er tour, les moins de 35 ans sont deux fois plus nombreux derrière Royal. Ce sont des femmes souvent. La proportion ne varie pas la semaine suivante.
L'analyse socioprofessionnelle des intentions de vote réserve d'autres surprises. Si l'univers des boutiques et des ateliers (artisans et commerçants) reste hermétique à la séduction ségolénienne, lui préférant la sobriété de son challenger, les cadres supérieurs et les professions libérales votent à gauche (76 % au second tour). Voire à l'extrême gauche. 28 % des sondés appartenant à cette tranche sociale se déclarent séduits par le NPA au 1er tour. Tournant sociétal ou particularité locale ? La stratification par familles politiques mérite examen elle aussi. Et d'abord parce qu'elle pose la question des reports de voix, le 21 mars. Crédités de 14 points au premier tour, les écologistes pourraient prétendre au maintien la semaine suivante, entraînant l'élection de M. Bussereau. Le programme environnemental de Mme Royal écarte cette hypothèse. 82 % des électeurs écolos, lors des européennes de 2009, se rallient à la présidente sortante, qui draine sur son nom, au second tour, les suffrages de la gauche élargie. Dominique Bussereau fait symétriquement le plein à droite. Mais la stratégie d'ouverture au centre permet à Ségolène Royal de retenir la plus grosse part des MoDem locaux (58 %) auxquels on attribue 5 % des suffrages au premier tour. Ses choix thématiques de campagne resserrés autour de la sauvegarde de l'emploi et de l'environnement coïncident parfaitement avec l'opinion. Mais est-ce un hasard ? Denis Daumin
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Publié dans Ségolène Royal

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