La parade verte de Ségolène Royal - Par Béatrice Mathieu 2/2
Plus sérieusement, les détracteurs de la présidente de la région dénoncent le saupoudrage budgétaire et, du coup, le manque d'engagement du conseil régional sur ses missions premières. Certes, en matière de transport, près des trois quarts des rames de TER ont été remplacées. Mais la région Poitou-Charentes est celle qui a dépensé le moins pour le transport ferroviaire en 2009 : à peine 32 euros par habitant, deux fois moins que la moyenne nationale (hors Ile-de-France). "Surtout, elle a fait des choix contestables, préférant du matériel Bombardier au détriment d'Alstom, un fabricant pourtant installé à La Rochelle. Quand on affirme vouloir soutenir les entreprises locales...", raille Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports, tête de liste de l'UMP dans la région.
Quant aux subventions aux lycées, elles ont diminué de près de 30 % en moyenne depuis deux ans. Motif invoqué : les trésors de guerre de certains établissements. "Ils atteignaient près de 24 millions d'euros à la fin 2008, presque une année de subventions. Les lycées n'ont pas vocation à se constituer des bas de laine", accuse Jean-Luc Fulachier. Résultat : la moitié des lycées de Poitou-Charentes n'ont pas voté leur budget début 2010. Sauf bien sûr le fameux lycée Kyoto, ouvert à l'automne dernier et labélisée "zéro énergie fossile". Un des symboles de l'excellence environnementale chère à la nouvelle pasionaria écologiste.
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Une gestion de mère de famille : Ségolène Royal n'a pas succombé aux sirènes de la dette. Il faut dire qu'en la matière, son prédécesseur, Jean-Pierre Raffarin, avait eu la main lourde. Entre 2002 et 2004, l'encours des emprunts de la région Poitou-Charentes a été multiplié par presque 2,5. Sous la présidence de Ségolène Royal, l'endettement n'a progressé que de 16 %. Surtout, la dette par habitant est restée stable depuis 2006, à près de 165 euros par tête. Une performance, puisque la pression fiscale n'a pas augmenté depuis 2005.
+ 72 %
Ségolène Royal aime être entourée. En six ans, les frais de personnel de la région Poitou-Charentes ont explosé : ils représentaient près de 56 euros par habitant en 2009, contre 43 euros en moyenne dans les autres régions. Si l'on exclut les embauches liées à la décentralisation, les effectifs ont progressé de 72 % entre 2004 et 2009 ! La présidente a recruté 52 personnes pour la seule mise en oeuvre de sa politique. Du coup, d'après les calculs de l'Ifrap, un institut de recherche sur les politiques publiques, le taux d'encadrement de la région serait supérieur à celui de la Guadeloupe.
Sans l'appel à projets de la région sur la voiture électrique, nous aurions déjà disparu." Eric Linares, d'Eco & Mobilité, constructeur de véhicules électriques.
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