Moruroa e Tatou s'indigne de la proposition de N. Sarkozy

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

le 30 octobre 2009 | source: Tahitipresse  

Dans un communiqué, l'association Moruroa e Tatou "s'élève avec vigueur et indignation contre la proposition du Président de la République de 'promouvoir les atolls polynésiens de Moruroa et Hao comme lieux de mémoire et de fierté territoriale". Pour l'association, il s'agit là d'une "véritable provocation jetée à la face de toutes les victimes des essais nucléaires de Moruroa".

"Après les méfaits de 30 ans d’essais nucléaires, la plus haute autorité de la France voudrait-elle enfoncer dans la 'tête dure' des lointains Polynésiens qu’ils doivent être fiers de s’être sacrifiés au nom de la défense nationale qui n’a pas su imposer l’expérimentation de ses bombes 'propres' sur le territoire métropolitain ? Serions-nous revenus au temps où un autre Chef de l’Etat – le général de Gaulle – proclamait en septembre 1966 place Tarahoi que la grande contrepartie des essais serait 'le développement' ? Le silence contre l’argent de la bombe !", s'indigne l'association Moruroa e Tatou qui souligne qu'elle "ne se contentera pas de cette 'loi Morin' qui, en l’état, est bien en-deçà de ce qu’attendent les victimes polynésiennes des essais nucléaires".

Après des années de protestations contre les essais de Moruroa, les nombreuses interventions de l’Eglise Protestante Maohi depuis 1963, les revendications de Moruroa e tatou depuis 2001, les recommandations de la commission d’enquête de l’Assemblée de la Polynésie 2005, la prise de position du Conseil Economique, Social et Culturel en 2006, les exigences d’actions de réparation présentées par le Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires, la condamnation de l’Etat devant les tribunaux en Métropole comme ici à Tahiti… les représentants de l’Etat n’ont-ils pas encore compris que l’exigence des Polynésiens tient en ces quelques mots : 'Vérité et Justice' et 'Réparation pleine et entière'", s'interroge encore Moruroa e Tatou qui conclut :

 

"Ces conditions remplies, alors, peut-être, pourrons-nous être fiers de la 'patrie des droits de l’homme' !"

 

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