"Nicolas Sarkozy s'assoit sur le Grenelle de l'environnement"

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

En 2008, quelques mois après son discours sur le Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy innaugurait le 45e salon de l'Agriculture par un discours officiel. Cette année, le chef de l'Etat est apparu au terme de la manifestation.

AFP/Thibault THOMAS

En 2008, quelques mois après son discours sur le Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy innaugurait le 45e salon de l'Agriculture par un discours officiel. Cette année, le chef de l'Etat est apparu au terme de la manifestation.

Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir revoir la mise en place des méthodes environnementales en agriculture. Le point de vue de François Veillerette, président du MGRDF.

"Il faut que nous changions notre méthode de mise en oeuvre des mesures environnementales en agriculture", déclarait ce week-end Nicolas Sarkozy en visite au Salon de l'Agriculture. "On va mettre en place une nouvelle méthode de travail ensemble. Je ne laisserai pas sacrifier les intérêts de notre agriculture par rapport au comportement des autres", a-t-il ajouté. Des déclarations qui suscitent la colère des écologistes qui se sentent aujourd'hui trahis par le chef de l'Etat.

Passablement irrité, François Veillerette, président du MGRDF, qui participait aux tables rondes du Grenelle de l'environnement en 2007, explique son incompréhension face à l'attitude du chef de l'Etat: "Quand je me souviens du discours de Nicolas Sarkozy à l'Elysée en 2007 et que j'entends ce qu'il raconte au Salon de l'agriculture en 2010, je me demande si c'est bien la même personne qui parle! Celui qui nous assurait s'inquiéter du bien-être des agriculteurs, premières victimes des pesticides, et de l'épuisement des sols nous explique aujourd'hui que 'l'environnement, ça commence à bien faire'. Ce double discours n'est pas sérieux!"

Des promesses qui commencent à dater...

Le 25 octobre 2007, le président de la République s'engageait en effet sur diverses propositions issues du Grenelle de l'environnement. Lors de son discours final à l'Elysée, il promettait notamment la mise en place d'un programme de réduction de 50% des pesticides. Celui-ci devait s'inscrire dans un calendrier dont l'échéance serait, si possible, fixée à 10 ans. Pour ce faire, il avait promis "d'accélérer la mise au point de substances de substitution" et "de renforcer la recherche publique".

D'autre part, le chef de l'Etat avait décidé de suspendre la culture commerciale des OGM "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance", le HCB (Haut conseil des biotechnologies), créé depuis.

"Nous appellerons à voter massivement écolo"

La mise en application du Grenelle de l'environnement est-il aujourd'hui compromise? "Avec un ministre de l'Agriculture flottant et un président de la République qui s'assoit sur le fond et la forme même du Grenelle, plus rien n'est garanti", répond François Villerette. "On se trouve aujourd'hui au beau milieu d'une absurdité qui fait que Nicolas Sarkozy continue d'affirmer vouloir être à l'avant-garde d'une agriculture plus verte et freine en même temps les décisions prises d'un commun accord par tous les acteurs du Grenelle. Si la pression de la FNSEA et les contraintes électorales suffisent à lui faire brader l'écologie, alors nous, les associations, même si cela n'est pas notre rôle, nous appellerons à voter massivement pour les partis écologistes. On verra ce qu'il répondra". A bon entendeur...

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