Régionales 2010 - Poitou-Charentes : le pari de Ségolène Royal
La campagne
Momentanément mise entre parenthèses en raison des conséquences dramatiques de la tempête du 28 février qui a touché le littoral de la région, la campagne en Poitou-Charentes n'est guère dissociable de la personnalité de la présidente sortante, Ségolène Royal. L'ex-candidate à l'élection présidentielle, donnée favorite dans les enquêtes d'opinion, sera sans doute réélue. Mais elle a besoin de l'être avec un très bon score, au moins équivalent à celui qui l'avait portée à la tête de la région en 2004 (55,1 %). Car il ne s'agit plus, cette fois, d'arracher à la droite un de ses fiefs historiques, celui de l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, à la tête de Poitou-Charentes jusqu'en 2002. Le défi est double pour l'ex-députée des Deux-Sèvres : conserver sa région avec un score qui la mette dans les meilleures conditions pour reconquérir les faveurs de l'opinion en vue de la prochaine échéance , l'élection présidentielle de 2012.
Pour y parvenir, Mme Royal souhaite creuser l'écart dès le 1er tour. Elle a, dans ce but, lancé une vaste opération de recrutement, en direction du MoDem et des écologistes. Les centristes de Charente-Maritime, ainsi que plusieurs élus sortants écologistes, l'ont ralliée. Face à cela, la droite, conduite par le secrétaire d'Etat aux transports, Dominique Bussereau, est un peu spectatrice et résignée.
Ecorégion en formation
Poitou-Charentes est une des zones les plus agricoles de France : 38 % des habitants vivent dans un espace à dominante rurale contre 18 % en France métropolitaine, et le secteur pèse lourd dans l'économie régionale. Cette agriculture est, pour l'essentiel, intensive et pénalise l'environnement, à commencer par la ressource en eau. Ségolène Royal prêche, depuis 2004, l'"Excellence environnementale" et souhaite transformer Poitou-Charentes en "écorégion", à l'image du lycée Kyoto, "premier lycée de l'après-pétrole", qui a ouvert ses portes en septembre 2009. Mais de l'injonction à la transformation en profondeur des pratiques, il y a loin. L'agriculture biologique ne représente encore que 1,8 % des surfaces cultivées et, sur le plan financier, l'action de la région est assez symbolique, surtout si on la compare aux subsides versés par l'Europe au titre de la politique agricolecommune (PAC).
Microcrédits pour "grosses galères"
Depuis quatre ans, le dispositif mis en place par le conseil régional, inspiré de la pratique en cours dans les villes indiennes et africaines a permis à plus de 1 000 ménages de la région de se sortir d'un mauvais pas ou d'éviter une vraie "galère". Flexible, il permet d'emprunter entre 300 et 4 000 euros remboursables sur six à soixante mois. Cent trente-cinq mille ménages exclus du système bancaire classique sont potentiellement concernés dans la région.
L'industrie en crise
Très médiatisé, le sauvetage du constructeur automobile Heuliez, au capital duquel la région est entrée à hauteur de 5 millions d'euros, illustre la situation générale de l'emploi industriel dans une région où il est sinistré.