Ségolène Royal : « Sarkozy doit sacrifier son avion de luxe »
Source: Sud Ouest
4 juillet 2010 15h20 | Par Sylvain Cottin
Profitant de son pique-nique « solidaire du littoral », la présidente de Poitou-Charentes demande à ce que l’argent serve à la reconstruction des digues.
Malgré l’annulation à la dernière minute de l’assemblée générale de ses comités « Désirs d’avenir », environ 300 personnes participent en ce moment au pique-nique « solidaire du littoral » organisé par Ségolène Royal à Rochefort (Charente-Maritime). L’occasion pour la présidente de Poitou-Charentes de se livrer à une nouvelle charge contre le gouvernement, accusé de ne pas être « à la hauteur » du dossier Xynthia : « Les aides d’urgence ne sont toujours pas arrivées, les ostréiculteurs et les agriculteurs n’ont rien reçu. Les gens souffrent et la solidarité du gouvernement n’est pas au rendez-vous. »
Evoquant les polémiques entretenues cette semaine avec Dominique Bussereau, Ségolène Royal lui adresse deux réclamations : « Si le ministre des transports veut aider le littoral, il faut d’abord que son gouvernement passe aux actes. Plusieurs ministres ont débarqué ici pendant la campagne des Régionales, il y a des promesses tous azimuts, mais pas le début du commencement d’une réalisation. Y compris pour le fonds d’urgence de Nicolas Sarkozy, dont les aides ne sont toujours pas arrivées dans les communes sinistrées, c’est insupportable. Mais la deuxième chose que devrait faire le ministre des transports, c’est de demander au président de la République de renoncer à son avion privé de 180 millions d’euros, et d’investir cet argent dans la reconstruction des digues. Je le dis sans polémique, ça serait une décision très forte dans cette période de crise où l’on voit tant de misère d’un côté, mais aussi tant d’argent dégouliner de l’autre. Nicolas Sarkozy doit sacrifier son avion de luxe. »
A propos du mélange des genres dénoncé par la droite mais aussi par certains proches du Parti socialiste, Ségolène Royal a évoqué ce midi une polémique dérisoire. « Surtout lorsque l’on observe les dévoiements inadmissibles qui se passent actuellement au sommet de l’Etat. Que l’on polémique sur un pique-nique, où les gens payent leur transport et achètent leur nourriture, c’est indécent. »