Un nouveau pacte éducatif Ecole: Royal avait raison...
Il serait temps, mais la politique politicienne occulte même les bonnes idées lorsqu'elles viennent de l'adversaire, de reconnaître la justesse de la vision de Ségolène Royal au sujet de l'Ecole. Les récentes affaires de violence dites abusivement "scolaires" (c'est moins simpliste que ça), démontrent que les propositions de la candidate à la présidence de la République allaient dans le bon sens et étaient de bon sens parce que cohérentes:
Je reprends les propos de Ségolène Royal en 2006/2007:
"Alors que ceux qui vilipendent la faillite de notre système, et qui d'ailleurs sont parfois à l'origine de ce démantèlement, en sont même toujours, qu'ils aient bien cette vérité en mémoire, qu'ils sachent, ceux qui prétendent que le niveau baisse, qu'ils n'oublient jamais qu'il y a eu là une grande révolution silencieuse, qui n'est certes pas achevée, et qui ne le sera peut-être jamais tout à fait, mais qui a changé le visage de notre pays et que l'on doit aux générations d'enseignants.
Les 3 % de bacheliers dans les années 30 sont aujourd"hui vingt fois plus nombreux. "
"Peu d'institutions ont été au bout du compte aussi fidèles à leurs missions."
Ces mots défendaient d'abord notre profession. Ces mots étaient la légitime reconnaissance de notre travail. (Au lieu de ça, on a débattu et perdu un temps fou sur une phrase dite lors d'une réunion et devenue une vidéo à scandale... Quel gâchis!). Elle reprenait de volée ceux que j'accuse plus directement d'avoir, par des pamphlets boursoufflés de prétention, les Brighelli, Le Bris, Polony et autres Finkielkraut, donné à penser que les professeurs n'étaient que des fabricants de crétins et qu'il fallait siffler la "fin de la récréation", en reprenant ici deux titres de deux ouvrages dont Marianne mais aussi tous les médias ont fait des best-sellers quand ils ne méritaient qu'un mince intérêt.
Poursuivons:
L'Education nationale doit avoir l'audace de rompre avec les approches uniformes"
"elle doit pouvoir favoriser des pédagogies sur mesure, du soutien individualisé en favorisant le travail en équipe et l"expérimentation."
"Je veux une société qui reconnaisse l'expérimentation et qui vous laisse libres, plus libres de vos méthodes pédagogiques, sans inspection tatillonne."
"Cette révolution nécessaire s'accompagnera d'une rénovation des pratiques et du métier d'enseignant. "
Oui Madame, vous aviez encore une fois raison en demandant une rupture des approches uniformes, en mettant en avant le soutien individualisé appuyé sur un travail en équipe! Tout ce que ce gouvernement n'a pas fait, favorisant l'aide sans permettre le travail en équipe. Or il fallait cette cohérence de travail. Vous l'aviez compris.
Oui, il faut une révolution des pratiques dans le respect de la liberté pédagogique, liberté que vous n'avez JAMAIS mise en doute ni en cause.
Oui enfin vous pointiez du doigt les formes de l'Inspection qui doivent être modifiées en profondeur. Et le corps des Inspecteurs n'y est pas aussi défavorable qu'on le dit.
"j'ai décidé de rétablir pour la rentrée 2007 les moyens qui ont été retirés à l'école"
Le gouvernement Raffarin a supprimé les aides-éducateurs. Tout le monde enseignant réclame aujourd'hui leur retour. Vous le faisiez également! La présence adulte n'est pas la seule solution. Mais la disparition des adultes est à coup sûr un problême!
" Limiter à 17 le nombre d'élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire."
Là encore vous proposiez de faciliter le travail, à la fois des enseignants et des élèves. En faveur en particulier de ces enfants en souffrance. En souffrance car l'échec scolaire est toujours une souffrance.
"des Etats généraux participatifs de l'enseignement"
A ce sujet, on pourrait rétorquer que c'est la proposition récente de Luc Chatel. Sauf qu'avec Ségolène Royal, ces Etats généraux auraient eu lieu en amont des problêmes, en prévention, et non en aval, en réaction bien trop tardive!
Je pourrais encore citer bien d'autres mesures que vous alliez appliquer et qui, si elles n'auraient pas évité TOUTES les violences, avaient le mérite immense de répondre aux attentes des enseignants, des élèves ET des parents auxquels vous proposiez une "école des parents".
Ecoutez aujourd'hui ce qui est demandé par les professeurs. Vous avez les réponses dans les propos de Ségolène Royal...
Il serait temps que quelques journalistes influents se souviennent et le disent!
Mes propos n'ont, je le sais, que trop peu de portée...
Chris
www.profencampagne.com