Tiraillements dans la commission Hirsch

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Leur blog s'appelle "Le Livre noir du Livre vert". Ils font partie des quelque 70 membres de la commission Hirsch, qui doit publier un "Livre vert" mi-juin puis dessiner une politique de la jeunesse, et ils y racontent les "nombreux dysfonctionnements" de la concertation lancée en mars par le haut-commissaire à la jeunesse. Ces blogueurs anonymes ne sont pas les seuls à se plaindre. Deux organisations (le Cnajep, qui réunit 70 mouvements nationaux de jeunesse et d'éducation populaire, et la FAGE, deuxième organisation étudiante représentative) ont chacune publié un communiqué où elles expriment leur déception. Un autre texte est en gestation.

Les critiques portent d'abord sur la méthode. "Consistant à regrouper près d'une centaine d'acteurs autour d'une bien trop petite table", elle "ne convainc pas", dit la FAGE. Et d'égrener : "Débats mal menés", "conditions de travail médiocres", "rythme effréné"... Sans compter les carambolages de calendrier : "Les annonces de Nicolas Sarkozy (pour l'emploi des jeunes, fin avril) ont court-circuité le travail, déplore Marisol Touraine, secrétaire nationale au PS. Il n'y a plus d'espace pour faire autre chose..."

Pour ce qui est du fond, "on parle beaucoup, assure Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF, première organisation d'étudiants, mais il s'agit souvent de proposer des rustines à des dispositifs déjà existants. On parle peu d'une nouvelle politique ambitieuse, globale, ce qui était l'objectif initial".

"Il y a une méfiance chez les associations, qui craignent de se faire manipuler, analyse le sociologue Olivier Galland. Moi, je ne fais pas de procès d'intention a priori. J'attends de voir le résultat final." "On ne souhaite pas servir d'alibi à des consensus mous ou à des mesures qui auraient déjà été décidées par ailleurs, confirme en effet M. Prévost. La question de notre sortie est ouverte."

Le Cnajep craint que tout cela aboutisse à un Livre vert "qui se contente de compiler des analyses et des avis sans définir d'orientations claires". Ce dont M. Hirsch se défend. "Il n'y aura pas de catalogue, dit-il, mais, au contraire, quelques propositions fortes et cohérentes." Par ailleurs, il assume ses choix. "L'exercice est forcément difficile, reconnaît-il. Il ne s'agit pas de faire un rapport avec dix spécialistes, mais d'essayer de dégager, avec tous les acteurs, des propositions sur lesquelles on puisse trouver un chemin commun." Et pour ceux qui trouvent que cela va trop vite, il assure : "On prendra le temps qu'il faut."

http://www.lemonde.fr

 

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