Les ostréiculteurs d'Arcachon pour le boycott des européennes
Les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon frappés depuis jeudi dernier par une interdiction de commercialisation et de consommation de leurs huîtres ont appelé mardi à boycotter le scrutin européen.
Lors d'une assemblée générale qui s'est tenue à Gujan-Mestras, en Gironde, ils ont exprimé leur désarroi face à une administration qui ne répond pas à leurs attentes alors que les fermetures se sont multipliées depuis quatre ans.
"C'est un geste fort que la profession doit faire. On n'a pas de temps à perdre", a déclaré le président de la section régionale conchylicole. "On a été tellement menés en bateau qu'on n'a pas envie d'aller voter" le 7 juin.
Depuis jeudi dernier, à la suite de tests biologiques défavorables, la préfecture de la Gironde a interdit la pêche, le ramassage, le transport, le stockage, l'expédition, la vente et la consommation des moules et des huîtres en provenance de l'ensemble du bassin d'Arcachon.
Seules les huîtres provenant de la zone de production d'Arguin, située à l'entrée du bassin, y échappent.
Une nouvelle autorisation d'ouverture pourrait être donnée après deux tests négatifs consécutifs.
Habituellement, il faut deux semaines pour réaliser ces tests. Exceptionnellement, les ostréiculteurs ont obtenu de l'administration qu'ils soient pratiqués cette semaine.
Depuis quatre ans, les ostréiculteurs du cru subissent des interdictions de ventes et de consommations de leurs huîtres dans la période estivale à la suite de tests dont ils contestent le processus consistant pour détecter la présence d'algues toxiques à injecter des extraits d'huîtres dans des souris de laboratoire et d'attendre durant 24 heures si elles meurent.
Le gouvernement s'était engagé à présenter un nouveau protocole aux autorités européennes prévoyant de ramener la mortalité à cinq heures et de la cinquième heure à la 24e d'ajouter un test chimique et le cas échéant une recherche d'algues toxiques dans le bassin.
"Au final, ce test a été mis sous validation de l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui nous a fait un rapport à charge contre la sécurité alimentaire sur le bassin d'Arcachon. Donc le Premier ministre n'a pas jugé bon de l'envoyer jusqu'à Bruxelles", regrette le président de la section régionale.
Claude Canellas,