Les "Conti" bloquent la place Vendôme pour l'arrêt de poursuites
PARIS (Reuters) - Des dizaines de salariés de Continental et de sympathisants ont bloqué mercredi les abords de la place Vendôme à Paris, à deux pas du ministère de la Justice, pour demander l'abandon des poursuites contre sept d'entre eux.
Ces derniers doivent comparaître mi-juillet devant le tribunal de grande instance de Compiègne (Oise) pour saccage en réunion. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à des dégradations à la sous-préfecture de la ville en avril.
Les pétards allumés entre les magasins de luxe de la rue de la Paix ont fourni un fond sonore inattendu à la passation de pouvoir entre Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie qui se tenait au même moment au ministère de la Justice.
"On veut condamner sept personnes qui se sont battues pour sauver leur peau", a dit à Reuters Xavier Mathieu, délégué syndical CGT à l'usine de Clairoix, qui fait partie des sept.
"L'Etat s'était engagé à mettre les patrons et les ouvriers de Continental en justice, sauf qu'ils n'ont tenu leur parole que pour condamner les ouvriers. Ils ont oublié les vrais voyous, ceux qui vont mettre 3.000 familles dans la misère. Eux, ils n'ont à s'inquiéter de rien", a-t-il ajouté.
Des responsables socialistes et communistes sont venus soutenir les manifestants, le député PS Claude Bartolone appelant à rejeter un système où l'actionnaire serait roi. "Ce monde, on ne peut pas l'accepter", a-t-il dit à la foule.
Olivier Besancenot, leader du Nouveau Parti anticapitaliste, a souhaité que "toutes les poursuites qui sont entamées contre les sept soient complètement levées".
"Ils ont fait ces actions pour se faire entendre parce qu'il n'y avait pas d'interlocuteur à ce moment là. Ils n'étaient pas que sept, ils l'ont fait collectivement", a-t-il dit à Reuters.
Les salariés de Continental se battent depuis des mois contre la fermeture de l'usine de Clairoix qui emploie 1.120 personnes.
Leur licenciement doit être prononcé le 31 décembre. Un accord prévoyant une prime de 50.000 euros pour les salariés licenciés a été signé avec la direction début juin.
Le groupe à capitaux syriens MAG a dit espérer conclure avant la fin de l'année le rachat du site qu'il compte restructurer pour redémarrer la production en 2010. Les effectifs seraient réduits à 400 à 500 personnes.
Les syndicats ont émis des doutes sur le sérieux de ce projet de reprise.
Jean-Baptiste Vey