Gérard Collomb met en garde Martine Aubry: Interview

Publié le par Désirs d'Avenir Castelnau-de-Médoc

Le sénateur-maire de Lyon se rend mardi en Languedoc-Roussillon pour soutenir Georges Frêche. Selon lui, l'homme, « tout sauf antisémite », est la victime d'une diabolisation.

FRANCE-SOIR. Pourquoi continuez-vous de soutenir Georges Frêche ?
Gérard Collomb. Tout simplement parce que Georges Frêche n'est pas la caricature que l'on veut bien en faire. Surtout, l'homme politique a beaucoup agit durant ces 20 dernières années, pour le Parti socialiste et pour sa ville, Montpellier, qu'il a su moderniser et développer culturellement, économiquement. C'est dans les faits qu'il agit, pas dans les mots.

Les propos tenus à l'égard de Laurent Fabius ne vous choquent donc pas ?
J'aime beaucoup Laurent Fabius mais c'est lui qui a commencé à chercher Georges Frêche en prétendant que si il vivait à Montpellier, il aurait du mal à voter pour quelqu'un « qui a une tronche pareille » (sic). Et puis je connais Georges Frêche. Il y a 20 ans, je me suis rendu avec lui en Israël et il est tout sauf antisémite. En matière de dérapages verbaux, on a fait beaucoup moins de tapages autour des écarts Brice Hortefeux par exemple (NDLR : en septembre, lors de l'université d'été de l'UMP, le ministre de l'Intérieur, aux côté d'un militant d'origine maghrébine avait prononcé cette phrase : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. »)

Quand vous défendez le président de la région Languedoc-Roussillon, vous parlez souvent de la « légitimité » qu'il a auprès des militants. C'est le plus important pour vous ?

Oui. Est-ce qu'on peut sérieusement penser qu'il soit fasciste ? Si c'était le cas, je ne le soutiendrais pas. Qu'il ne parle pas de manière policée, je le concède. Mais il y a une diabolisation de Georges Frêche.

Une diabolisation qui viendrait de l'intelligentsia parisienne ?
Je ne veux pas refaire le combat de la province contre les régions mais c'est vrai qu'on l'a jugé très rapidement en haut lieu. Si Georges Frêche avait été d'une autre sensibilité politique, il n'aurait pas été autant attaqué.

Vous vous rendez mardi en Languedoc-Roussillon. Quel est l'objectif de ce déplacement ?
Je veux simplement montrer que des gens appuient Georges Frêche. Je partage la vision qu'il a de sa ville, une vision moderne.

Est-ce aussi une manière pour vous de nuire à Martine Aubry ?
C'est surtout une manière de dire « Attention ! » parce que si le PS continue d'avoir un discours non adapté à la société actuelle, il va droit dans le mur. Après, concernant Martine Aubry, j'admire la maire de Lille. J'ai un peu plus de mal avec le positionnement politique du Premier secrétaire du PS. Par exemple, j'avais applaudis lorsqu'elle avait fait un pas en avant sur les retraites (NDLR : en janvier, interrogée sur l’âge légal de la retraite, Mme Aubry avait déclaré : « Je pense qu’on doit aller, qu’on va aller certainement vers 61 ou 62 ans, je n’imagine pas qu’on aille plus loin ! »). Ensuite, elle avait fait marche arrière comme si la moindre position libérale pouvait être nuisible. C'est cela que je reproche.

Qu'attendez-vous du bureau national du PS qui se réuni mardi ?
J'espère qu'on ira vers l'apaisement.

Craignez-vous d'être vous-même sanctionné  ?
On peut toujours craindre quelque chose dans la vie mais je ne suis pas de nature craintive. La politique, c'est exprimer des opinions. Être sanctionné pour cela ne correspond pas au PS que je revendique.
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Publié dans PS

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