Verbatim de l'UNIVERSITE POPULAIRE PARTICIPATIVE DU 07 MAI 2010 CASTELNAU DE MEDOC LE POUVOIR D’ACHAT ET LES MEFAITS DE LA REFORME TERRITORIALE.
1ère PARTIE
ORGANISATION
Comité DESIR D’AVENIR de Castelnau de Médoc avec Jean Claude DURRACQ, Maire de Castelnau de Médoc, Patrick NURBEL, Michel ARLAUD, Christophe JACOBS, Frédérique RAMBAUD, animateurs du Comité DA de Castelnau de Médoc.
PARTICIPANTS :
Jean-Louis BIANCO, ancien Ministre, Député et Président du Conseil Général des Alpes de Haute Provence
Pascale GOT, Député du Médoc
Gilles SAVARY, Conseiller Général de Talence, Vice-président du Conseil Général de la Gironde, ex-député au Parlement Européen.
Francis WILSIUS, syndicaliste, Conseiller Régional d’Aquitaine.
André GREZE, Coordinateur DESIR D’AVENIR pour la Gironde.
Introduction de Jean-Claude DURRACQ
Le Maire de Castelnau de Médoc souligne les difficultés rencontrées par les Français à cause de la baisse régulière de leur PDA (pouvoir d’achat) qui a diminué en 2002 et en 2004 alors qu’il avait augmenté en 1997 et en 2002. Le prix de l’énergie, du logement, des transports, les dossiers de surendettements, les travailleurs pauvres seront les points les plus importants du débat. Le principal responsable du faible PDA des Français c’est l’Etat français, car 50 % du revenu des ménages est également grevé par les impôts directs et indirects. Ajoutons à cela le logement, et vous avez entre 60 et 70 % des revenus d’un ménage consommés. Le reste correspond au PDA et cela ne fait pas « beaucoup ».
Intervention de Patrick NURBEL, animateur comité DA Castelnau de Médoc.
Patrick souligne qu’il s’agit de la première UPP organisée en Médoc. Le Comité DA de Castelnau de Médoc est né le 03 février 2009 et Patrick précise que depuis la création, l’équipe d’animation DA a axé comme une de ses priorités l’organisation d’une UPP à Castelnau. A force de travail et de persuasion, d’échange et de réflexion, lors de différents débats avec des personnes qui ont envie de changements, l’idée d’organiser une soirée débat à Castelnau est devenue très forte. Patrick souligne que les thèmes du PDA ainsi que de la Réforme Territoriale son des thèmes d’actualité, surtout la Réforme Territoriale car dans le Médoc, il y a une grande proximité avec les élus et les élus sont très proches de la population. L’institution d’un Conseiller Territorial signifierait la disparition des élus, et signifierait également la disparition de la proximité des populations avec leurs élus.
Avoir la liberté et la faculté d’entreprendre des mobilisations telles que la votation citoyenne organisée pour La Poste il y a quelques mois, être un lieu d’échange et de débats réunissant toutes les personnes de bonne volonté voulant combattre et proposer un projet novateur pour 2012 face à la politique destructrice du gouvernement au pouvoir, tels sont nos désirs d’avenir. Cela nous aide aussi à analyser et tenter de comprendre les besoins de notre société devenue individualiste par la force des choses, et sans repères parce que le sens collectif a été abandonné.
En conclusion, Patrick souligne que la Politique est un noble art, lorsque les paroles sont suivies par des actes, c’est pourquoi au Comité DA, les animateurs se battent pour une politique par la preuve.
Intervention de Francis WILSIUS
Francis aborde le thème du PDA en évoquant la situation de l’entreprise FORD, en Gironde, qu’il connaît très bien puisqu’il a mené le combat syndical suite à la réorganisation de l’entreprise. Il insiste sur le fait que la situation des travailleurs de Ford est toujours aussi dramatique. La perte du travail par exemple est également une très forte perte du PDA et il est très important aujourd’hui d’avoir une activité salariée. Il faut redonner de l’importance à la valeur « travail » et trouver des solutions en ce sens. Francis cite en exemple son dernier combat chez Ford : malgré un bénéfice de 35 millions d’euros, l’employeur a accordé aux ouvriers une prime de 600 euros bruts annuels. Une prime égale à un salaire aurait coûté à Ford 3 millions d’euros, dépense largement supportable sur un bénéfice de 35 millions d’euros.
L’actuel président de la république avant son élection avait une bonne formule qu’il n’a jamais mise en application si l’entreprise fait des bénéfices, ceux-ci devrait être redistribués comme suit : 1/3 pour les salariés, 1/3 pour l’investissement, 1/3 pour l’entreprise, inutile de dire que nous sommes très loin de la réalité. C’est une formule pleine de bon sens mais encore faut-il la mettre en application. Francis souligne que si ça pouvait changer en 2012, il serait intéressant d’appliquer cette formule.
Intervention de Jean-Louis BIANCO
Le pouvoir d’achat.
Jean-Louis souligne que l’actuel président s’est fait élire principalement sur le thème du PDA (durant la campagne présidentielle « Je serai le président du pouvoir d’achat » ©N. Sarkozy).
Il voulait probablement parler du PDA des amis qu’il a réuni au Fouquet’s, c'est-à-dire un petit clan de gens qui tiennent une bonne partie de l’économie et des medias, et un certain nombre de ses amis politique qui se portent assez bien puisqu’ils bénéficient d’avantages accordés par l’Etat et notamment le bouclier fiscal.
N. Sarkozy avait dit aussi « j’irai chercher la croissance avec les dents ». On a vu les dents, on n’a pas vu la croissance. Ce qui est terrible c’est qu’on voit autour de nous des gens qui sont dans la misère, dans la pauvreté, il y a des gens qui ont très peu d’argent pour vivre. Mais même les couches moyennes sont touchées aujourd’hui. De plus en plus de personnes se demandent comment elles vont réussir à boucler leur fin de mois et ce phénomène s’étend. On ne peut pas accepter cet état de fait et l’on doit rechercher des solutions. Un problème qui est loin d’être simple car dès qu’il s’agit d’augmenter els salaire, on nous dit que nous nous trouvons dans une compétition économique mondiale et que cela empêche l’augmentation des salaires. Argument qui se discute : car avant tout, le salaire est nécessaire pour vivre, et le premier droit c’est de vivre. Ensuite, les salaires, c’est ce qui fait que les populations consomment et qu’il y ait de la croissance. Il faut sortir de nos cerveaux l’idée dominante que les salaires sont une charge, que les hôpitaux sont une charge, que la Sécurité Sociale est une charge. Mais ce sont aussi des droits qui créent des emplois et du pouvoir d’achat. Alors quand on parle PDA, on pense d’abord aux conditions de vie des gens, le fait de vivre correctement, dignement, mais on parle aussi d’un facteur de croissance. Il faut garder tout cela en tête et voir quels seraient les moyens que l’on pourrait mettre en œuvre, notamment la question du pouvoir des travailleurs à l’intérieur de l’entreprise pour pouvoir, en amont des décisions, peser de toutes leurs forces.
La réforme Territoriale.
Jean-Louis souligne que cette réforme ne fait pas partie des préoccupations des gens. Les français s’inquiètent surtout du chômage, du logement, de la santé, du PDA. Il n’y a pas de « demande » des populations en matière de réforme territoriale. C’est la précarité, les retraites qui préoccupent les gens, pas l’administration des territoires. Le Président de la République et son gouvernement se sont lancés dans cette réforme pour une seule raison, ils veulent étrangler des pouvoirs qui sont, de fait, de véritables contre-pouvoirs, car à Gauche. Il n’existe pas d’autre raison à cette réforme. Et derrière cela, se cache dans une loi qu’ils disent de « décentralisation », pour la première fois depuis les années 80, ce qui est en fait une recentralisation. Dans l’état actuel des choses, à part pour cette année, les maires, les communes, les départements, les régions, ne savent pas quelles ressources elles auront l’an prochain. Il faudrait un miracle pour que les ressources qui venaient avant la taxe professionnelle soient conservées donc les collectivités seront étranglées financièrement. Au niveau des communes, les préfets ont comme consigne de faire des regroupements forcés. On veut également supprimer la clause de compétence générale c'est-à-dire le droit pour une commune de s’occuper de ce qui est pertinent pour le territoire (en dehors de ses obligations). Ceci est terrible, et J.L Bianco affirme qu’il faut exactement faire le contraire : une démocratie moderne ce n’est pas une démocratie centralisatrice, c’est une démocratie qui reste le plus près possible des gens et de ses territoires. Car si les élus font des bêtises, il faut rester capable de le leur dire. Il faut arrêter d’avoir un seul modèle, c'est-à-dire quelqu’un à Paris qui décidera de tout pour tout le monde, pour tous les territoires.
La conséquence pour le milieu rural, c’est que cette proximité entre élus et population va s’affaiblir considérablement.